Saint Caprais de Lérins

Saint Caprais, abbé de Lérins - 436 - fêté le 1 juin

Saint Honorât, archevêque d’Arles, est reconnu pour le fondateur et le premier abbé du célèbre monastère de Lérins ; néanmoins, comme il eut dans cette île, et même avant de s’y retirer,saint Caprais pour maître, ce n’est pas sans sujet que nous donnons à ce Saint solitaire la qualité d’abbé de Lérins. Il y a beaucoup d’apparence qu’il était de Provence, quoique le manuscrit de sa vie, que Vincent Barauît rapporte dans la Chronique de Lérins, ne le dise pas en termes exprès. Il reçut de ses nobles parents une très bonne éducation, et, ayant été appliqué aux études, il y fit paraître beaucoup d’esprit et de jugement. La connaissance qu’il eut du monde ne servit qu’à le lui faire mépriser ïl l’abandonna dès sa jeunesse et se retira dans une solitude, où toute son occupation était de méditer les vérités éternelles, et de s’unir à Dieu par la contemplation de ses perfections et par l’amour de sa bonté.

Sa réputation de sainteté attira plusieurs personnes sous sa conduite ; les principaux furent saint Honorât et saint Venance, son frère, qui après leur baptême avaient embrassé, dans leur propre maison, un genre de vie fort austère, peu différente de celle des plus rigoureux solitaires de l’Egypte et de ia Palestine. Comme ces disciples avaient un mérite extraordinaire ; et qu’on voyait en eux des marques évidentes d’une sublime vocation de Dieu, Caprais ne fit point difficulté de les accompagner dans un voyage qu’ils voulurent faire en Orient, pour fuir les honneurs qu’ils recevaient dans leur pays. Il y souffrit extrêmement, tant sur terre que sur mer ; mais, avec son zèle et son esprit de pénitence, les plus grandes peines iui paraissaient douces, et ii avait de !a joie lorsque tes éléments semblaient avoir conspiré pour le tourmenter. La mort de saint Venance, à Modon, dans le Péioponèse, fut ce qui l’affligea le plus ; mais il se consola bientôt, en considérant que, s’il avait perdu un disciple, il avait acquis un puissant avocat dans le ciel, et que, si celui qu’il aimait était mort d’une mort corporelle, il vivait en Dieu d’une vie spirituelle, qui ne finirait jamais.

Au retour de ce voyage, il s’enferma dans l’île de Lérins, avec saint Honorât, l’un des deux frères. Sa vie, en cette île, fut plutôt angélique qu’humaine. Saint Eucher, archevêque de Lyon, dans l’éloge qu’il a fait de la soiitude, dit qu’il ne cédait en rien à ces illustres ermites qui l’avaient précédé, et qui étaient en si grande vénération dans l’Eglise. Saint Hiiaire, archevêque d’Arles, dans l’oraison funèbre de saint Honorât, assure que Caprais était consommé en toutes sortes de vertus, et que sa vie sur la terre était toute céleste. En effet, selon son historien, personne n’était si austère et si pénitent que lui sa charité était ardente, son humilité profonde, sa douceur extrême, sa foi et son espérance fermes et inébranlables, sa modestie parfaite, son obéissance prompte, son abstinence régulière, son regard doux et agréable, sa persévérance constante. Il priait sans cesse, passait le jour et la nuit dans l’exercice de la contemplation, ne voulait aucune des consolations de la terre, et tout son désir était de posséder Jésus Christ ; mais en le désirant, il le possédait déjà, parce qu’il jouissait de lui au fond de son coeur. Il souhaitait uniquement la vie bienheureuse, et ce souhait lui en donnait un précieux avant-goût qui le rendait heureux dès ce monde ; il soupirait après la compagnie des Saints, et il n’en était jamais séparé parce que, sil ne recevait pas leur visite, son esprit se transportait dans le lieu de ieur béatitude.

Lorsque le terme de son pèlerinage fut arrivé, l’archange saint Michel lui apparut et lui en apporta la nouvelle. Il n’en pouvait recevoir de plus agréable ; il se disposa avec joie à la mort, et, ayant été visité par les évêques voisins, qui vinrent se recommander à ses prières, il rendit sa belle âme à Dieu le 1er juin de l’an de notre Seigneur 430, peu de temps après saint Honorât. Un des évêques qui assistèrent à son décès fut saint Hiîaire, successeur du même saint Honorât mais il y assista avant de prononcer l’oraison funèbre de ce saint prélat, puisqu’il y parle de saint Caprais comme d’un Saint qui régnait déjà dans le ciel.

RELIQUES DE SAINT CAPRAIS

Chartèves, village de la Brie, à deux lieues de Château-Thierry (Aisne), dans le diocèse de Soissons, possède depuis plusieurs siècles un petit fragment d’ossement de saint Caprais, apporté de Rome et donné cette paroisse par un évêque de Soissons. Le premier authentique qui constate sa provenance existe encore. Cette précieuse relique a été cachée soigneusement pendant la révolution et/ depuis la restauration du culte, en 1801, elle a été successivement examinée et reconnue authentique par tous iés évêques de Soissons.

La vie de cet excellent soiitaire est tirée d’un ancien manuscrit de l’abbaye de Lérins. Surins l’a écrite au 1 er juin, et Vincent Barauît dans la Chronique de cette abbaye.

Tiré de : Les Petits Boilandistes : Vies des saints, tome 6, bibliothèque du Carmel de Bessines

Voir aussi Saint Caprais d’Agen, le saint patron de l’église de Bessines fêté le 20 octobre