Les aventures d’un mot : bible

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La bible et la Bible

Il n’est peut-être pas indifférent de dire « la bible » ou « la Bible ». C’est vrai aussi du mot état, par exemple. Ainsi il ne faut pas confondre l’état de la France, c’est à dire la situation que nous vivons actuellement, et l’État, organe de gestion de la cité.

Le mot bible n’est pas un mot hébreu mais un mot grec ! !

1. Les aventures d’un mot

Le mot « Bible », en effet, peut désigner deux choses :

- l’ouvrage imprimé qui contient la totalité des livres saints du Judaïsme et du Christianisme. Ainsi on dira « une bible », « ma bible »… « lire la bible », « travailler avec sa bible », « apporter sa bible »…

- l’ensemble des textes qui constituent l’Ecriture. On dira alors « la Bible ».

Le mot bible a une longue histoire qui est pleine de signification. En grec le mot livre se dit «  biblion ». C’est un mot neutre dont le pluriel est «  ta biblia ». « Ta biblia » désigne donc un ensemble de livres. En passant du grec au latin on a gardé la forme du mot, mais elle est devenue un féminin singulier, puisque la terminaison en a est féminine en latin, Biblia, ce qui a donné en français « la Bible » !

La Bible, c’est un ensemble de livres, c’est l’ensemble des livres par excellence. La Bible, avec, une majuscule, désigne la parole de Dieu. Mais lorsqu’on écrit le mot avec une minuscule, il désigne simplement l’ouvrage contenant la Parole.

2. Le canon des Écritures

C’est la liste des livres de la Bible que l’Église a reçus comme livres inspirés (le mot « canon », vient du grec kanôn, qui signifie règle ou modèle).

Le canon comprend 46 écrits de l’Ancien Testament et 27 du Nouveau Testament. Cette liste fait partie des décrets du Concile de Trente (1545 - 1563), suite à la contestation qu’en ont faite les réformateurs protestants (qui rejetaient les passages ou les livres dits deutérocanoniques, c’est à dire canoniques en second).

Les écrits canoniques ont Dieu, l’Esprit Saint, pour « auteur » (instigateur, inspirateur). Leurs rédacteurs humains ont utilisé le langage et les genres littéraires de leur temps. L’étude critique, permet d’établir le texte original et la critique littéraire de le comprendre, pour mieux le traduire. De la sorte, l’attribution d’un livre à tel ou tel rédacteur humain est secondaire, du point de vue canonique. Si, par exemple, l’on découvrait un écrit original et inédit de saint Paul, il ne serait pas intégré dans la Bible. A l’inverse, le fait que l’Épître aux Hébreux ne soit probablement pas de saint Paul ne change rien à sa canonicité et à son statut de livre inspiré.

3. Constitution du canon

a. La Bible hébraïque et la Septante

L’idée d’un canon de la Bible hébraïque ne s’impose qu’après le synode juif de Jamnia (à la fin du Ier siècle). Après ce synode, le milieu rabbinique qui a rédigé la Mishna, se vit comme l’héritier naturel de toutes les traditions antérieures, qu’elles soient saducéennes, esséniennes ou, bien évidemment, pharisiennes. L’interprétation chrétienne de la Septante est mise en cause par le milieu de Gamaliel II. On assiste alors à une méfiance envers les textes grecs et à un retour à l’hébreu.

b. Le Nouveau Testament

Vers la fin du deuxième siècle, émerge l’idée d’une liste des livres « authentiques » composant le Nouveau Testament. Les critères d’authenticité d’un écrit furent le caractère primitif de la tradition apostolique, mais aussi l’autorité des Églises où il était reçu et son orthodoxie.

4. Clôture du canon dans les Églises chrétiennes

Pour l’Église catholique romaine, c’est le concile de Trente qui a définitivement confirmé le canon des Écritures, distinguant les livres inspirés, de ceux qui ne le sont pas. Les noms et les attributions des livres sont des noms et des attributions traditionnels ; ils n’engagent pas la foi.

En ce qui concerne l’Eglise grecque, elle finit par accepter l’intégralité du canon occidental en 692. Nos frères protestants adoptent le canon de la Bible hébraïque pour l’Ancien Testament et, généralement, le même canon que les Catholiques pour le Nouveau Testament.

>> Si vous possédez la TOB, allez à la rubrique intitulée : « L’ordre des livres de l’Ancien Testament ». Elle nous amène à la question : « Ne pourrions-nous pas nous mettre d’accord sur le nombre et l’ordre des livres composant la Bible ? »

Alain.

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