Un dialogue serré (Ex 2, 23- 4, 18)

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Un dialogue serré (Ex 2, 23- 4, 18)

L’aviez-vous lu comme cela ? Nous trouvons dans ce passage presque une scène de comédie (comme dans la marchandage d’Abraham avec Dieu en Gn 18, 16-33). Cela apparaît mieux si on présente le dialogue sous la forme d’une pièce de théâtre. Je vous propose de lire de cette façon ce passage, avant d’en sonder le contenu. Il n’est peut-être pas interdit de voir de l’humour dans la manière dont la narrateur nous présente ce dialogue, même si l’enjeu en est important.

Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiân. Il mena le trou­peau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson.

- Moïse (regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré) : Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ?
- DIEU : (Dieu appela du milieu du buis­son) : Moïse ! Moïse !
- Me voici !
- N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte... Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Moïse se voila la face, car il craignait de regarder Dieu.
- J’ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le déli­vrer de la main des Egyptiens et le faire monter de ce pays vers un bon et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel, vers le lieu du Cananéen, du Hittite, de l’Amorite, du Periz­zite, du Hivvite et du Jébusite. Et maintenant, puisque le cri des fils d’Israël est venu jusqu’à moi, puisque j’ai vu le poids que les Egyptiens font peser sur eux, va, maintenant ; je t’envoie vers le Pharaon, fais sortir d’Egypte mon peuple, les fils d’Israël.
- Qui suis-je pour aller vers le Pharaon et faire sortir d’Egypte les fils d’Israël ?
- JE SUIS avec toi, dit-il. Et voici le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne.
- Voici ! Je vais aller vers les fils d’Israël et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. S’ils me disent : Quel est son nom ? — que leur dirai-je ?
- JE SUIS QUI JE SERAI... Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : JE SUIS m’a envoyé vers vous... Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : Le SEIGNEUR, Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. C’est là mon nom à ja­mais, c’est ainsi qu’on m’invoquera d’âge en âge... Va, réunis les anciens d’Israël et dis-leur : Le SEIGNEUR, Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’est apparu en di­sant : J’ai décidé d’intervenir en votre faveur, à cause de ce qu’on vous fait en Egypte et j’ai dit : Je vous ferai monter de la misère d’Egypte vers le pays du Cananéen, du Hittite, de l’Amorite, du Perizzite, du Hivvite et du Jébusite, vers le pays ruisselant de lait et de miel. Ils entendront ta voix et tu entreras, toi et les anciens d’Israël, chez le roi d’Egypte ; vous lui direz : Le SEIGNEUR, Dieu des Hébreux, s’est présenté à nous ; et maintenant, il nous faut aller à trois jours de marche dans le désert pour sacrifier au SEIGNEUR, notre Dieu. Mais je sais que le roi d’Egypte ne vous permettra pas de partir, sauf s’il est contraint par une main forte. J’étendrai donc ma main et je frapperai l’Egypte avec tous les miracles que je ferai au milieu d’elle. Après quoi, il vous laissera partir. J’accorderai à ce peuple la faveur des Egyptiens ; et alors, quand vous partirez, vous n’aurez pas les mains vides : chaque femme demandera à sa voisine et à l’hôtesse de sa maison des objets d’argent, des objets d’or et des manteaux ; vous les mettrez sur vos fils et sur vos filles. Ainsi, vous dépouillerez les Egyptiens.
- Mais voilà ! Ils ne me croiront pas, ils n’entendront pas ma voix. Ils diront : Le SEIGNEUR ne t’est pas apparu !
- Qu’as-tu à la main ?
- Un bâton.
- Jette-le à terre. Il le jeta à terre : le bâton devint serpent et Moïse s’enfuit devant lui.
- Etends la main et prends-le par la queue. Moïse étendit la main et le saisit : le serpent redevint bâton dans sa main.
- C’est afin qu’ils croient que le SEIGNEUR t’est apparu, le Dieu de leurs pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob... Mets donc la main dans ton sein. Il mit la main dans son sein et la retira : sa main était lépreuse, couleur de neige...
- Remets la main dans ton sein ». Il remit la main dans son sein et la retira de son sein : elle était redevenue normale.
- Alors, s’ils ne te croient pas et n’entendent pas la voix du premier signe, ils croiront à la voix du signe suivant. Alors, s’ils ne croient pas plus à ces deux signes et n’entendent pas ta voix, tu prendras de l’eau du Fleuve et la répandras à terre ; l’eau que tu au­ras prise au Fleuve, sur la terre deviendra du sang.
- Je t’en prie, Seigneur, je ne suis pas doué pour la parole, ni d’hier, ni d’avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur. J’ai la bouche lourde et la langue lourde.
- Qui a donné une bouche à l’homme ? Qui rend muet ou sourd, voyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi, le SEIGNEUR ? Et maintenant, va, JE SUIS avec ta bouche et je t’enseignerai ce que tu devras dire.
- Je t’en prie, Seigneur, envoie-le dire par qui tu voudras ! La colère du SEIGNEUR s’enflamma contre Moïse
- N’y a-t-il pas ton frère Aaron, le lévite ? Je sais qu’il a la parole facile, lui. Le voici même qui sort à ta rencontre ; quand il te verra, il se réjouira en son cœur. Tu lui parleras et mettras les paroles en sa bouche. Et moi, JE SUIS avec ta bouche et avec sa bouche et je vous enseignerai ce que vous ferez. Lui parlera pour toi au peuple, il sera ta bouche et tu seras son dieu. Quant à ce bâton, prends-le en main ! Avec lui, tu feras les signes. » Moïse s’en alla, retourna vers son beau-père Jéthro et lui dit : « Je dois m’en aller et retour­ner vers mes frères en Egypte pour voir s’ils vivent encore. » Jéthro dit à Moïse : « Va en paix ! » (à partir de la Traduction œcuménique de la Bible (1988)).

Amusez-vous bien ! Mais ce texte n’a pas encore livré tout son message.
Alain.

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