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Pourquoi y a-t-il 4 Evangiles ? Un seul aurait suffi !

Il n’y a qu’un seul Evangile, mais il y a quatre évangiles. Devant ce paradoxe, certains se sont dit qu’il serait plus économique de synthétiser les quatre en un seul. C’est ce qu’on a tenté de faire au début de l’ère chrétienne mais cette tentative n’a pas rencontré le succès espéré (Tatien, vers 150).

C’est que la question est fondamentale car elle touche au statut de l’Evangile.

Jésus a apporté au monde la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour nous, ce Dieu qui veut faire de nous des filles et des fils.

Evangile, c’est le mot grec pour dire « bonne nouvelle » : Les Apôtres ont reçu cette nouvelle et ont eu pour mission de la répandre (Le 24, 47-48 ; Ac 1, 8). Mais chacun l’a fait selon sa sensibilité, selon sa culture, et selon le milieu auquel il s’adressait.

On ne parle pas de n’importe quelle façon à n’importe qui. Nous le savons d’emblée. Si nous voulons convaincre, nous prendrons les argumentsqui « touchent ».

Marc s’adresse à des païens, à Rome, où il a suivi Pierre. Ainsi il traduit certains mots araméens (la langue, proche de l’hébreu, que parlait Jésus), (7, 27 ; 14, 36) ; il explique les usages juifs (7, 3-4).

Matthieu prêche à ceux qu’on appelle des « judéo-chrétiens », c’est-à-dire des chrétiens qui viennent du judaïsme. Il parle « des Juifs » comme s’ils n’en faisaient plus partie. Nous sommes dans un contexte de rupture : 4, 24 ; 9, 35...

Luc est lui-même un « pagano-chrétien », c’est-à-dire un chrétien venu du paganisme et il veut communiquer aux païens, de culture grecque, la Bonne Nouvelle. Ses critiques vis à vis des responsables d’Israël montrent qu’il a pris ses distances par rapport à la Synagogue. Il explique, lui aussi, certaines coutumes juives (2, 41-42).

Quant à l’évangile de Jean, il semble viser des communautés un peu en marge des communautés « officielles » : celles qui valorisaient la figure et l’autorité de Pierre et celles qui privilégient l’autorité de Paul.

Prenez, par exemple le récit de « la tempête apaisée ». Les synoptiques rapportent le même événement mais pas de la même façon : Mt 8,18 ; Me 4, 35-41 ; Le 8, 22-25.

Les évangélistes n’insistent pas sur les mêmes choses. Ainsi voyez comment est appelé Jésus dans cet épisode.

Ce qui importe pour eux ce ne sont pas les détails historiques mais le sens profond du message qu’ils ont à transmettre. Et là dessus les évangélistes sont tous d’accord.

Le mot « évangile » désigne souvent le livret qui nous est transmis par la tradition. Leur titre leur été attribué assez tard (Justin, 150).

Chacun des quatre évangiles désigne le livret qui a été mis sous la signature d’un apôtre (Matthieu, Jean ?), ou d’un disciple (Marc, Luc). Mais leur véritable titre est « Evangile selon... »

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