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Les miracles, c’est nul

Les miracles, c’est nul !

Question intéressante, si on se donne la peine de la traduire en termes compréhensibles pour ceux qui n’ont pas l’habitude de penser ou de parler en SMS. Je traduirai donc par : l’idée de miracle est-elle crédible dans un monde façonnée par la science, tant dans le monde matériel que dans les esprits ? N’est-ce pas là quelque chose de « dépassée » ? Certains ont naguère utilisé le miracle comme argument apologétique (c’est à dire de défense de la religion) ; aujourd’hui ce serait plutôt un argument contre la religion. L’idée de miracle ne serait qu’une façon de déguiser notre ignorance. Ce dont nous ignorons la cause naturelle, nous l’appelons « miracle ». Mais un jour ce miracle recevra une explication tout à fait naturelle.

Pour comprendre comment « fonctionne » cette notion dans la foi chrétienne, reportons-nous à la Bible. Dans l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, le terme de « miracle » n’a pas d’équivalent immédiat. La Bible emploie plusieurs mots pour dire l’intervention de Dieu. Le premier est le terme « prodige ». Il désigne en hébreu un acte symbolique, accompli par un prophète pour authentifier sa mission. Dans le même sens, apparaît le terme qui signifie « ce qui suscite l’admiration » ou « qui retient l’attention ». Lorsque Dieu agit de manière insolite, son action provoque l’étonnement, l’admiration et l’émerveillement de l’homme. Un deuxième terme signifie « ce qui est impossible à l’homme » : ce sont les « oeuvres de Dieu ». Dans le même ordre d’esprit, les évangiles synoptiques emploient le mot dunameis, qui signifie manifestation de la puissance de Dieu. Ceci met en lumière que l’action de Dieu est celle d’un être tout-puissant. La troisième signification est celle de signe. L’intervention de Dieu n’est pas un fait brut qui s’imposerait avec évidence à l’homme. Elle s’inscrit dans un réseau de significations.

Dieu est maître de tout. Et on retrouve son action bonne, dans les lois de la nature et dans les miracles. D’une certaine manière la nature est déjà miracle. Alors pourquoi les miracles ? Et c’est cela la vraie question.

Par le miracle Dieu se dit à l’homme de foi. Par le miracle Dieu fait signe. Par le miracle Dieu se rappelle à l’homme. Il ne constitue pas une preuve de son existence, il se manifeste dans le cadre de la foi.

Jésus se refuse toujours à faire des miracles pour « épater la galerie ». Hérode, qui n’a rien compris, lui demande de jouer les prestidigitateurs (Lc 23, 8). C’est un contre sens total. C’est parce qu’on a foi en lui que Jésus fait des miracles. Ou plus exactement Jésus ne renvoie pas à lui même, mais au Père. « Ta foi t’a sauvé » dit-il au paralytique. Les pèlerins de Lourdes viennent non pour être convaincus mais parce qu’ils ont foi (c’est à dire confiance en Dieu, par l’intermédiaire du Fils de la Vierge Marie).

Pourtant l’Eglise reconnaît une réalité matérielle du miracle et non simplement spirituelle, dans la mesure où il est pertinent de séparer les deux aspects.

En résumé… 2627_fleur_jaune.gif 1. Le miracle est le signe de l’amour de Dieu, prévenant et source de salut. Une communication est établie entre Jésus et la personne guérie et sauvée qui bénéficie de sa force et de sa bonté.

2. Il a une fonction de révélation : parce qu’il rompt avec l’ordre habituel, il a pour effet de manifester l’identité de celui qui agit. Quelque chose de Dieu se dévoile dans sa parole et l’acte qui l’authentifie. Du neuf apparaît dans la conduite de Dieu, appelé pour cette raison une révélation.

3. Il remplit une fonction d’attestation. Il confirme le message et donne autorité au messager. Ainsi, Jésus renvoie ses adversaires à l’objectivité des signes posés.

4. Du point de vue de l’homme qui en est bénéficiaire, le miracle est un acte de salut, tant par le bienfait corporel que par la foi confirmée qui le fait entrer dans le Royaume de Dieu.

Alain

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