Les cendres

Les cendres

Quel est le sens et le fondement biblique de la cendre ?

Le mercredi des cendres fixe le début du carême.

La liturgie de ce jour nous marque symboliquement d’une tâche de cendres sur le front. Cela signifie que le rite de l’imposition de la cendre est quelque chose d’important dans la liturgie du carême.

1. La cendre comme signe.

Elle est le résultat d’une destruction totale par le feu. Et c’est en ce sens que la cendre s’assimile à la poussière qui apparaît comme l’état le plus élémentaire de la matière. La cendre est, en quelque sorte, la poussière du vivant.

Poussière et cendre renvoient à l’idée de néant. « Tout est réduit en poussière, tout est réduit en cendres, tout n’est que néant ! »

Elle est négation de l’être, du bonheur, de la relation à Dieu.

2. La cendre comme symbole.

À partir de là, on peut considérer que la cendre symbolise la fragilité humaine (malgré la bonne opinion qu’il a de lui-même l’homme n’est pas grand-chose, rapporté à Dieu ou à l’immensité de l’univers).

Par la création et la Première Alliance, Dieu « divinise » l’homme, par la Seconde Alliance, en Jésus-Christ, Dieu fait de nous des fils. Par le péché, c’est-à-dire par la rupture de l’alliance, l’homme redevient la créature fragile et modeste qu’il était à l’origine.

La cendre est reconnaissance de notre fragilité.

« Il m’a jeté dans la boue. Me voilà devenu poussière et cendre » (Job 30, 19). C’est ainsi que Job caractérise le néant de son bonheur.

3. Aujourd’hui, on ne s’enduit plus totalement de cendres.

Cette attitude d’humilité et de reconnaissance de sa faiblesse se traduit par :

un effort sur soi-même  : c’est la pénitence, le jeûne ;

une attention aux autres : c’est la participation aux actes de solidarité, de charité, d’aumône (le carême est souvent l’occasion de participer à des oeuvres humanitaires) ;

un retour vers Dieu  : c’est la prière, l’approfondissement de la Parole (le carême peut être l’occasion de « goûter la Parole »).

Le carême, symbolisé ici par la cendre, est ainsi l’occasion de faire un retour sur nous-mêmes, vers les autres et vers Dieu. Mais cette reconnaissance de notre fragilité ne débouche pas sur le désespoir de la mort. Nous renaissons de nos cendres par la résurrection promise et réalisée par le Christ Jésus.

C’est pourquoi, le but du carême c’est la joie de Pâques !

« [Le Seigneur] m’a envoyé porter joyeux message aux humiliés, panser ceux qui ont le coeur brisé, proclamer aux captifs l’évasion, aux prisonniers l’éblouissement, proclamer l’année de la faveur du Seigneur. » ( Isaïe, 61,1-2).

Alain

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