L’enfant aux cinq pains et aux deux poissons

L’enfant aux cinq pains et aux deux poissons

Après les fortes chaleurs de la mi-journée, le prophète Yéshoua quitta la maison de Simon-Pierre, descendit à l’embarcadère de Capharnaüm, édifié en moellons de basalte par les Romains, puis, accompagné de disciples, monta dans une barque et mit le cap sur Bethsaïda située sur la rive orientale du lac de Tibériade. (Luc 9, 10)

Les gens apprirent que le Prophète de Galilée s’était embarqué pour traverser le Lac. À cette nouvelle, quittant leurs villages, ils partirent à sa suite en marchant le long du rivage jusqu’à l’endroit où Yéshoua mit pied à terre. (Marc 6, 33)
Les enfants, en se chamaillant, suivaient eux aussi la foule des marcheurs. Parmi eux, un enfant portait sur sa tête, protégée par un coussinet, un plateau en bois ; sa mère y avait déposé des pains au sésame confectionnés au lever du jour ; son père, pêcheur du Lac, lui avait confié des poissons (des saint-pierre) ; et ses parents lui avaient recommandé d’accompagner la foule qui partait à la recherche du Prophète de Nazareth pour vendre ses pains et ses poissons et ainsi ramener quelques drachmes au foyer.
Une fois débarqués sur la grève proche de la cité de Bethsaïda, les disciples amarrèrent la barque ; quant à Yéshoua, il escalada un lieu surélevé et se mit à enseigner les gens qui arrivaient les uns après les autres. Son enseignement terminé, le Seigneur fut pris de pitié pour cette foule ; il guérit quelques infirmes qui avaient réussi à venir jusqu’à lui. (Matthieu 14, 14)

Déjà le jour baissait ; le soleil disparaissait derrière le Mont des Béatitudes. L’endroit étant isolé, les disciples envisageaient de renvoyer les gens dans leurs villages, qui à Corozaïn vers le nord, qui à Gamala sur la côte orientale. « Seigneur, renvoie donc les foules ; qu’elles aillent dans les villages s’acheter des vivres. »
Mais Yéshoua leur dit : « Elles n’ont pas besoin de s’en aller : donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Matthieu 14, 15-16)
Alors Christ Yéshoua s’adressa à Philippe, qui était le plus concerné en l’occurrence, puisque ses parents habitaient non loin d’ici, à Bethsaïda. « Où achèterons-nous du pain pour qu’ils aient de quoi manger ? » Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun reçoive un petit morceau. » (Jean 6, 7)

André, le frère de Simon intervint : « Il y a ici un garçon qui possède cinq pains d’orge et deux petits poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de gens ? » (Jean 6, 9)
L’enfant « aux cinq pains et aux deux poissons » s’avança, timide auprès du Prophète Yéshoua et lui donna ses pains et ses poissons. C’était peu de chose ; mais que l’enfant était fier !

Il y avait beaucoup d’herbe en cet endroit ; les gens s’assirent donc ; ils étaient environ 5000, et Matthieu d’ajouter « sans compter les femmes et les enfants. »

Yéshoua prit les pains, il rendit grâce, les distribua aux gens. Il fit de même avec les poissons. Yéshoua leur en donna autant qu’ils en voulaient.
« Rassemblez, dit-il, les morceaux qui restent afin que rien ne soit perdu. »
L’enfant regardait, émerveillé.

Devant les besoins immenses de notre monde, on peut avoir l’impression de n’avoir que peu de chose à offrir, comme l’enfant de Capharnaüm, mais Christ Yéshoua nous dit : apportez quand même le peu que vous avez. J’aime évoquer, pour exemple, ces gens qui font partie d’une chorale et qui pour les fêtes chrétiennes vont chanter dans une résidence pour personnes âgées, afin d’apporter un peu de joie et briser la monotonie et la solitude des résidents.

Chaque fois que je rencontre des gens
qui partagent ce qu’ils ont, ou ce qu’ils sont,
je pense à l’enfant « aux cinq pains et aux deux poissons »

Père Joseph GUILBAUD

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