DES SERVITEURS VIGILANTS

DES SERVITEURS VIGILANTS

- Mardi 26 Mars 2013, à 11h un éclat d’obus tuait le diacre Camille sur la route de l’Eglise. Suite à sa mort les parents des prêtres m’empressaient de partir, de quitter Damas. Ils avaient peur pour la sécurité de leurs enfants. J’ai proposé aux prêtres de partir s’ils le veulent. Le diocèse n’a pas le droit de les garder dans ces conditions. Ils ont tous répondu :
"VOUS RESTEZ, NOUS RESTONS" La Providence nous protège depuis.

Notre diacre martyr avait pour mission de distribuer le pain aux pauvres.
Les prêtres ont pris la relève et chacun d’eux est devenu un assistant social, un bon samaritain qui veille dans sa paroisse sur les activités de charité imposées par l’intensité des combats en Syrie et les vagues des réfugiés et des malheureux qui arrivent chaque jour.

2015 fut assez dure pour le diocèse : Deux obus causent des dégâts importants dans la cathédrale historique, le toit de la bibliothèque prend feu et s’effondre , les vieilles installations sanitaires de 1958 du premier étage succombent, la chambre du père Jean est incendiée. Tous ces lourds travaux de restauration ont été conduits par les prêtres pendant mon absence (problème de santé). Ils se sont privés de jours de repos afin de conduire à terme tous ces travaux.

Dans un geste de révolte contre la mort et la destruction, ces courageux prêtres ont lancé la construction de trois chapelles dans les quartiers de banlieues modestes mobilisant les fidèles autour de ces trois projets qui sont un signe d’espérance et de foi en l’avenir de l’Eglise en Syrie.
Une vitalité qui met en valeur la pastorale de proximité en cette année de Miséricorde et de grandes souffrances.
La première chapelle dédiée aux Martyrs de Damas (1860) fut inaugurée le 8 janvier 2016, les deux autres suivront.
Un pas sur le chemin de la reconstruction, seul le Seigneur donne la Paix.
Ces prêtres qui s’accrochent à leur mission sous les bombes, ne sont que des héroïques serviteurs dévoués et vigilants dont l’Eglise et le Bon Pasteur sont fiers.

Ils sont l’atout et le gage d’avenir d’un Christianisme martyrisé qui refuse de mourir.

Damas le 14 Février 2016.

+Samir NASSAR
Archevêque Maronite de Damas

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