CREPUSCULE D’UNE EGLISE et BON NOEL 2015 de Damas

CREPUSCULE D’UNE EGLISE

1) EXODE DES CHRETIENS D’ORIENT :
Depuis 2003 (la guerre en Irak) et surtout depuis 2011 (la vague des Printemps Arabes). L’exode des Chrétiens d’Orient ne fait que s’accentuer..
Certains rapports donnent dix ans pour tourner la page du Christianisme au Proche Orient.
Un regard pessimiste peut être. Mais le vécu sur le terrain observe un mouvement d’émigration grandissant même alarmant.

Comment partir, est le sujet des discussions quotidiennes. Partir n’importe où, et n’importe comment. Quitte à prendre des risques dangereux. Une famille vient d’envoyer son fils de douze ans dans une caravane de fuyards, un enfant de 12 ans ne sera pas refoulé, il pourra inviter par la suite sa famille à le rejoindre.
Trouvera-t-il en terre d’asile l’accueil convenable ?

Devant l’impasse militaire et une paix toujours lointaine, et pour échapper au service militaire et pour fuir une guerre absurde qui a trop duré, les jeunes prennent massivement la tête des partant.
Quel avenir d’une Eglise sans jeunes ?
C’est la fin fatale d’un christianisme apostolique dans une Terre Biblique devenue un otage de la violence et de l’intolérance au nom d’une Foi radicale qui ne supporte pas le pluralisme et n’admet pas la différence.

2) CHEMINS D’AVENIR :
Comment l’Eglise du Proche Orient pourrait envisager l’avenir ? Plusieurs pistes s’ouvrent :
a) Suivre les fidèles dans les pays de diaspora pour les aider à conserver leur Foi d’origine.
b) Etablir des alliances entre les minorités proche- orientales pour défendre leurs droits de citoyens face à l’hégémonie d’un certain Islam "intolérant".
c) Chercher des garanties auprès des Grandes Puissances qui proposent une protection.
d) Accepter de vivre à l’ombre de l’Islam et continuer un témoignage plein de difficultés et de défis..

Les Chrétiens d’Orient sont en face des choix presque suicidaires (a, b et c)..

Il reste le choix (d) assez difficile à assumer.
Vivre à l’ombre de l’Islam exige un retour aux premiers siècles de l’Eglise qui met en relief la vie cachée de Jésus à Nazareth. Ce dynamisme est favorisé par la charte de l’Année de Miséricorde annoncée par la Pape François.
Montrer le visage miséricordieux du Christ donne un vif dynamisme au témoignage évangélique.

Le comité social qui visite les prisonniers musulmans en Syrie met en relief le Bon Samaritain au cœur de ces personnes en détresse. Une voie Providentielle, un défi qui permet la suite de la Mission et fait la joie de l’Enfant Divin…

BON NOEL 2015.

+Samir NASSAR
Archevêque Maronite de Damas

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