Histoire de la Profession de foi

Aujourd'hui, deux temps forts, dans notre diocèse, rythment la catéchèse des enfants qui ont déjà été baptisés : la 1ère communion et la profession de foi. Mais cela n'a pas été toujours le cas.

 Avant 1910, la communion solennelle était en fait l'aboutissement de la catéchèse des enfants vers l'âge de 12-13 ans et consistait à communier pour la première fois.

En 1910, le pape Pie X autorise et encourage la confession et la 1ère communion des enfants dès l'âge de 7 ans. Ainsi, peu à peu, deux fêtes vont structurer la catéchèse : la 1ère communion (appelée également "communion privée", "première communion privée" ou "petite communion") et la communion solennelle qui sanctionne l'assiduité au catéchisme et introduit le jeune dans la vie de l'Eglise.

Alors que la 1ère communion va devenir une fête essentiellement célébrée dans l'intimité familiale, la communion solennelle reste une célébration populaire et indiscutée qui joue même un véritable rôle social. On considère la communion solennelle comme un rite de passage vers la vie adulte. A partir de cet événement, beaucoup de jeunes commencent leur apprentissage ou entrent au collège, ce qui n'avait à l'époque rien de systématique.

Cependant, un certain malaise s'installa : l'abandon massif de la pratique religieuse à l'issue de cette célébration, considérée comme une fin et non comme une véritable entrée dans la vie de l'Eglise. D'autre part, la communion solennelle n'est pas un sacrement et prend parfois une importance démesurée quant aux frais qu'elle entraîne.

A partir de 1950, le Centre de Pastorale Liturgique réfléchit sur la pratique de la communion solennelle. Il insiste sur le fait que la communion solennelle n'est pas l'entrée dans l'Eglise. C'est le sacrement du baptême qui nous fait entrer dans la communauté chrétienne. A partir de cette époque, on cherche à lier la profession de foi de la communion solennelle à la profession de foi que chaque chrétien renouvelle au cours de la vigile pascale. On parle donc du renouvellement des vœux du baptême dont les jeunes reprennent tous les signes. Pour cela, le port de l'aube, vêtement baptismal par excellence, et la mise en valeur du cierge et de la croix, vont être encouragés.

 Aujourd'hui, tous les diocèses de France n'ont pas la même attitude vis à vis de la profession de foi. Certains diocèses l'ont totalement abandonnée. Cette suppression fut parfois vécue difficilement.

Dans le diocèse de Poitiers, la profession de foi est toujours en vigueur. Elle n'est qu'un élément de la catéchèse pour laquelle s'engage aujourd'hui en France une réflexion globale.

En effet, tous les évêques de France sont concernés par les difficultés que traverse celle-ci. Par le document "Aller au cœur de la foi : questions d'avenir pour la catéchèse ?", les évêques de France nous invitent à penser la catéchèse, non pas comme une responsabilité réservée à quelques "dames catéchistes", mais comme le souci de toute communauté chrétienne. L'expérience montre qu'à tout âge, des enfants, des jeunes, des adultes sollicitent les communautés chrétiennes pour découvrir et approfondir leur foi. Les évêques ont mis en avant l'importance de la vigile pascale, où toute la communauté chrétienne redit sa foi, son espérance et manifeste sa charité.

C'est peut-être dans ce cadre-là que la "profession de foi" des enfants pourrait s'exprimer. Mais d'autres expressions sont sans doute à trouver. Déjà diverses expériences sont tentées : fête de la foi lors de la fin de chaque année de catéchisme…

Globalement, il semble que l'on désire mettre beaucoup plus en lien catéchèse et liturgie : nous avons par exemple des groupes de catéchèse avant l'eucharistie du dimanche ; des temps forts sont proposés le samedi soir pour mettre en valeur l'Avent ou le Carême…

 A chacun, dans nos communautés d'être inventifs, attentifs, à l'écoute des parents et des jeunes pour faire vivre la catéchèse.

Marie-Christine Nicolas