Dimanche après Pâques. La divine miséricorde

Premier dimanche après Pâques. Dimanche de la Miséricorde.
Jean 20, 19 à 31  : Le Ressuscité se manifeste à Thomas.
Odilon Redon. Le Sacré Cœur. Pastel. 1895 (Musée d’Orsay).

Odilon Redon (1840-1916) a toujours refusé d’être considéré comme un peintre religieux. Il touche à toutes les spiritualités, exprime tous ses fantasmes, ses recherches ésotériques, d’abord sur fond de noirceur, mais sur la fin de sa vie, la couleur l’envahit et telle ou telle de ses œuvres est riche de vie intérieure.
Artiste hors cadre, son Sacré Cœur est loin des fadaises "saint-sulpiciennes" fréquentes à l’époque. Au "regardeur" d’en découvrir la richesse, spécialement pour ce dimanche.

La Miséricorde est le thème voulu pour ce dimanche par Jean-Paul II, justement canonisé aujourd’hui.
La tendresse de Dieu nous rejoint souvent dans la Bible. Le peuple chrétien l’applique particulièrement à la personne du Christ, gardant après sa Résurrection les marques de ce qu’il a souffert pour nous.
D’où l’antique dévotion aux cinq plaies, centrée par sainte Marguerite-Marie sur le Cœur, qu’elle dessine elle-même en 1685 (cf. le réemploi de ce premier dessin dans le bandeau ci-dessous), ce cœur "qui a tant aimé les hommes".
Dans le pastel d’Odilon Redon, le corps impose sa présence, puissante et humble à la fois. Les yeux sont fermés, la bouche silencieuse, comme attendant quelque réponse. Le Christ est auréolé d’une lumière chaleureuse. On en trouve comme un écho assourdi au lieu du cœur, environné tout comme la tête d’épines noires où la gloire du Ressuscité irradie.

Thomas dans l’Evangile de Jean passe de l’incrédulité à l’émerveillement et à la foi. L’œuvre proposée peut le camper face au réalisme du corps, à la personnalité du crucifié, à la présence d’une gloire à découvrir. Puissions-nous dire avec lui :
"Mon Seigneur et mon Dieu !"

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