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  • Ça se dispute ! Drôle façon de s’exprimer, incorrecte : on se dispute, oui, mais on ne dispute pas de quelque chose. On discute plutôt de la chose.

    Nous allons quand même dire : « Ça se dispute », même si ce n’est pas français !

    Avec Jacques Bréchoire, découvrez L’ACTUALITÉ sous un angle philosophique et théologique.

    Ces chroniques sont également à écouter sur le site de RCF Poitou


    – Ça se dispute 131-> « Revoilà la « dispute » !


    Dispute 131
    Revoilà la « dispute » !

    Après la rupture estivale des chroniques « Ça se dispute », nous en proposons de nouvelles ! Par obligation ! Puisque notre histoire est toujours nouvelle, et que nous nous sommes donnés comme objectif de « penser ce qui nous arrive » (Hannah Arendt). On peut se contenter de vivre, mais Socrate, le maître à penser de tous les temps et de tous les hommes ( !), disait qu’ « Une vie sans examen ne vaut pas d’être vécue ! » (Apologie de Socrate, 38a). Et puis c’est dangereux de ne pas réfléchir assez : on peut facilement se taper dessus, la violence règne partout.

    1 –L’originalité certaine (ego !) de cette chronique est qu’elle se présente sous forme de « dispute », mot qui n’est pas français – on dit plutôt « discussion » ! Mais c’est un amical clin d’œil aux universités du Moyen Âge pour lesquelles la dispute était un exercice scolaire pour les étudiants, la « disputatio ». Il s’agissait de voir le « pour », puis le « contre » de telle affirmation ou thèse. Il s’agissait de « travailler » le sujet choisi par ce type de questionnement rigoureux.

    Et ne voit-on pas sous nos yeux, hors du cadre universitaire, la reprise de cette discipline de la « dispute », à la radio, sur la toile, à la télévision, mais aussi dans les lycées…, C’est signe qu’on en a besoin, comme un besoin vital.

    2 – Cette année, nous nous proposons d’élargir nos chroniques à caractère philosophique, au champ immense de la théologie de l’Église. Dieu sait si cette Église, de ses origines apostolique jusqu’à aujourd’hui en a connu des disputes.

    Va-t-on dire qu’elles ont enrichi la foi, et que sans elles, l’Église perdrait son éclat pour devenir quelque chose de raplapla ?

    3 – « Jésus annonçait le Royaume, et c’est l’Église qui est venue »

    Une de nos prochaines chroniques théologiques portera sur l’Église. Une dispute célèbre, due à l’abbé Alfred Loisy, enflamma les esprits : « Jésus annonçait le Royaume, et c’est l’Église qui est venue » dans son livre « L’Évangile et l’Église » en 1902. Et son opinion continue d’être grandement partagée aujourd’hui et de compliquer un peu la vie de l’Église ! Ne dit-on pas communément : Le Christ, oui, l’Église, non ; ou : l’Évangile du Christ, oui, l’institution ecclésiale avec sa hiérarchie, ses dogmes, sa morale, non.

    Une de nos conclusions sera qu’il nous faut mieux parler de l’Église, et la découvrir sous l’angle mystique, qu’elle est aussi.

    4 – Sommes-nous sortis du totalitarisme ?

    Une autre chronique nous est inspirée par la grande figure d’une intellectuelle engagée et que nous fréquentons abondamment dans nos chroniques : Hannah Arendt.

    On lui doit entre autre, une réflexion sur le totalitarisme (nazi et soviétique), qui a fait date. Un sujet lui aussi ô combien actuel (voir les élections en cours, en Allemagne).

    Et puis, surveiller en nous les réflexes « totalitaires », les réflexes d’ « emprises » qui existent bien. Pour faire comprendre, Hannah Arendt utilise la symbolique de l’oignon ! Passionnant !

    5 -Peut-on être mystique ?

    Une autre chronique portera sur la mystique. Au temps de la prolifération des spiritualités diverses, beaucoup de jeunes chrétiens pensent que l’Église manque de spiritualité (trop rationnelle, trop morale, trop autoritaire) et ils vont chercher ailleurs la mystique qu’ils ne trouvent pas chez eux (dans les religions orientales par exemple..

    À l’aide d’un fameux théologien contemporain Henri de Lubac, nous montrerons qu’au sein de la tradition chrétienne aussi, des trésors mystiques existent bien et qu’ils peuvent « séduire » de jeunes esprits. La mystique qui prétend avoir une relation directe avec Dieu, est une bonne nouvelle à entendre : personne n’est exclu de l’expérience religieuse. Les « mystiques de tout poil » le prouvent.

    6 –La dispute sans fin ?

    « Peut-on discuter de tout ». C’est une grande question : une dispute dans la dispute ! Y a-t-il des choses « indiscutables », et qu’on n’aurait pas le droit d’y toucher par nos débats ? Le risque du règne de la dispute qui s’empare de tout pour en débattre, peut bien être de croire que l’homme en société a la maîtrise de la vérité. Il n’en n’a pas la maîtrise puisque l’homme a besoin d’en discuter justement. Mais la discussion publique en a-t-elle elle-même la maîtrise. N’y a-t-il pas un « mystère » des choses hors portée humaine, hors société ? La réponse n’est pas facile.

    7 –La crise de l’autorité

    Hannah Arendt a dit des choses fort utiles, toujours pleines d’actualité sur « la crise de l’autorité », caractéristique, dit-elle, du monde moderne. L’autorité des élus en politique ; des maîtres en matière d’éducation ; des parents dans les familles ; dans la relation des hommes et des femmes ; des responsables religieux dans l’Église de tous… ou encore, qu’est-ce qui fait autorité dans les œuvres d’art ? Etc.

    8 –La banalité du mal

    Hannah Arendt inaugure semble-t-il le concept de « banalité du mal » : La figure d’Eichmann au procès de Jérusalem, lui fait dire qu’il ne se rendait plus compte de ce qu’il faisait dans le traitement des prisonniers des camps de concentration ; qu’il était par delà le bien et le mal. ; que c’était devenu banal pour lui de se comporter ainsi. Ce « mal radical » (Kant) peut-il exister, c’est la question. La tradition chrétienne a des choses à dire, mais l’obscurité des gens demeure.

    9 – Gaïa ! La terre

    Admiratif du grand texte Laudato si, du pape François (2013), le philosophe Bruno Latour engagé dans la prise en considération de l’écologie, demande qu’on invente une nouvelle conception du monde et de la terre. Il y a eu un « bougé » dans ces conceptions.

    Cette terre qui nous offre l’hospitalité en nous permettant de poser nos pieds dessus ! Ce n’est pas rien ! Camus parle de « l’amour de la terre grave et souffrante ».

    10 – Ces projets de chronique, parmi tous les autres sujets possibles, les vôtres, très attendus, n’hésitez pas (jacques.brechoire@orange.fr). Vœux de bonne réflexion à tous.

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    – Ça se dispute 132-> « La pyramide et l’oignon : le totalitarisme » !


    Dispute 132
    « La pyramide et l’oignon : le totalitarisme »
    A l’école d’Hannah Arendt

    Le totalitarisme ! Faut-il consacrer une dispute à ce phénomène inouï de l’histoire récente. On pourrait penser que c’est du passé et que cela ne concerne pas notre vie.

    Et pourtant que de bienfaits à reprendre les analyses si convaincantes d’Hannah Arendt qui a voulu « penser ce qui nous arrive ». Ce qui est arrivé à l’époque d’Hannah Arendt (1906-1975) ce sont les régimes totalitaristes, particulièrement le nazisme le soviétisme. Mais elle montre que les idées totalitaristes existaient déjà avant ces régimes, et qu’ils ont existé après, jusqu’à aujourd’hui.

    « Après la première Guerre mondiale, une vague de mouvements semi-totalitaires et totalitaires, profondément hostiles à la démocratie et favorable à la dictature, déferla sur l’Europe ; des mouvements fascistes se répandirent, à partir de l’Italie, dans presque tous les pays de l’Europe centrale et orientale… » (Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme, Quarto, p. 615).

    Mais qu’est-ce que le totalitarisme ? Il faut aller à la recherche de sa spécificité (et de sa nocivité propre !). Pour nous y aider, Hannah Arendt compare deux régimes politiques qu’il ne faut pas confondre : le régime autoritaire et le régime totalitaire. Le premier a pour symbole la pyramide, le second, l’oignon (dans La crise de la culture, Quarto, p. 677-678). Cette double comparaison est très suggestive.

    1 – La pyramide

    « La pyramide est en effet une image particulièrement adéquate pour un édifice gouvernemental qui a au-dehors de lui-même la source de son autorité, mais où le siège du pouvoir se situe au sommet, d’où l’autorité et le pouvoir descendent vers la base de telle sorte que chacune des strates successives possède quelque autorité, mais moins que la strate supérieure, … » (La crise de la culture, Quarto, p. 677).

    Cette comparaison convient aux royautés, qui effectivement placent dans le monarque le pouvoir absolu, dont les décisions descendent sur les sujets, mais tout en se conjuguant avec les pouvoirs intermédiaires (les classes politiques, noblesse, clergé, tiers-état ou les confréries, les corporations etc.

    Hannah Arendt précise que cette image (la pyramide) peut servir, à rendre compte du régime autoritaire tel qu’il s’est développé au Moyen Age, quand le pouvoir du roi était reçu de Dieu même, et s’exerçait dans une société édifiée selon le principe inégalitaire. Ce régime est appelé « autoritaire » pour toutes ces raisons. « La forme autoritaire de gouvernement avec sa structure hiérarchisée est la moins égalitaire de toutes ; elle érige l’inégalité et la différence en principes omniprésents » 677). Un rappel : le nombre impressionnant de régimes autoritaires dans notre actualité politique mondiale ! La pyramide est toujours là !

    2 – L’oignon

    Par opposition à la structure autoritaire, Arendt développe le symbole de l’oignon pour rendre compte de l’originalité du totalitarisme, « la structure de l’oignon au centre duquel, dans une sorte d’espace vide, est situé le chef ; quoi qu’il fasse…, il le fait de l’intérieur et non de l’extérieur ou du dessus. Toutes les parties extraordinairement multiples du mouvement : les organisations de sympathisants, les diverses associations professionnelles, les membres du parti, la bureaucratie du parti, les formations d’élite et les polices, sont reliées de telle manière que chacune constitue la façade dans une direction, et le centre dans l’autre » (Crise de la culture, p. 678).

    Toutes ces composantes multiples ne sont pas distinctes du pouvoir central (chef d’Etat ou Parti). Elles sont dans le tout organique, le tout du régime totalitaire. Comme les diverses pelures de l’oignon, tout ce puzzle d’organisations renvoie au centre et le protège, lui donnant sa forme d’existence. Mais en fait, elles ne sont pas distinctes de ce centre, les pelures les enferment dans cette condition !

    3 – Le « tout »

    Ce régime détruit évidemment les formes habituelles de la vie politique, avec sa distinction des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire, selon la théorie de Montesquieu). Là il y a des distinctions entre les différents acteurs. En régime totalitaire, il n’y a plus cette distinction car les juges sont intégrés au pouvoir et sont de simples fonctionnaires de l’Etat ; les partis d’opinion ne sont plus distincts du gouvernement des affaires, de même l’armée réunie à la police... Les citoyens cessant d’être distingués dans leurs différences de fonction. D’ailleurs le chef lui-même est comme les autres un « fonctionnaire » de ce Tout. Il n’y a pas de monde extérieur, car tous sont appelés à vire conformément au groupe total (les membres du parti, les chefs, les juges, les députés, l’armée, la communication (propagande). Tout est dans le tout et réciproquement » ! C’est le danger absolu : le « totalitarisme » porte bien son nom ! On peut dire encore qu’il est un tout qui « fonctionne ». Cela conduit à la notion de « masses » si importante pour Hannah Arendt.

    4 – Les masses

    « Le terme de masses s’applique seulement à des gens qui, soit du fait de leur seul nombre, soit par indifférence, soit pour ces deux raisons, ne peuvent s’intégrer dans aucune organisation fondée sur l’intérêt commun, qu’il s‘agisse de partis politiques, de conseils municipaux, d’organisations professionnelles ou de syndicats. Les masses existent en puissance dans touts les pays, et constituent la majorité de ces vastes couches de gens neutres et politiquement indifférents qui n’adhèrent jamais à un parti et votent rarement » (619).

    Pour qu’il y ait masses, il faut que les personnes deviennent des individus hors de tous liens. « Les mouvements totalitaires sont des organisations de masse d’individus atomisés et isolés… Par rapport à tous les autres partis et mouvements, leur caractéristique la plus apparente est leur exigence d’une loyauté totale, illimitée, inconditionnelle et inaltérable, de la part de l’individu qui en est membre… On ne peut atteindre une telle loyauté que de l’être humain complètement isolé qui, sans autres liens sociaux avec la famille, les amis, les camarades ou de simples connaissances, ne tire le sentiment de posséder une place dans le monde que de son appartenance à un mouvement, à un parti » (Origines du totalitarisme, p. 634)

    5 –La pyramide, l’oignon… et le polyèdre !

    Dans nos relations entre nous, que choisissons-nous ? La pyramide inégalitaire ou l’oignon indifférencié. Lequel est en fait le plus dangereux ? Pour Hannah Arendt, incontestablement, c’est l’oignon et son enfermement absolu (tandis que la pyramide maintient tout de même l’existence de personnes distinctes, plurielles, ou de groupes distincts, pluriels eux aussi.

    Mais il va de soi que la symbolique pyramidale est rejetée « en masse », par les régimes libéraux, démocratique, en raison du non respect de l’égalité entre hommes libres. L’Eglise elle-même, a pensé que le principe pyramidal faisait offense à l’égalité évangélique de tous les membres, hiérarchie et fidèles compris…). La critique du cléricalisme de l’Eglise, menant à des abus d’autorité, à des « emprises » de diverses sortes, est en cours sous nos yeux et est loin d’être terminée.

    Le pape François avait eu beaucoup de succès avec son symbole du « polyèdre » (dans son exhortation apostolique, La joie de l’Evangile § 236) : il s’agit d’une figure géométrique unifiée, mais avec plusieurs faces, s’ouvrant sur l’extérieur, au contraire de la sphère qui peut enfermer ceux qu’elle contient (le fameux oignon, encore !). « Le modèle est le polyèdre qui reflète la confluence de tous les éléments partiels qui, en lui, conservent leur originalité. Tant l’action pastorale que l’action politique cherchent à recueillir le meilleur de chacun… ». Cela vaut aussi pour symboliser le régime démocratique, opposé au régime autoritaire et surtout au régime totalitaire.

    Cette symbolique nouvelle donne à penser !

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    – Ça se dispute 133-> Le miracle de la natalité »


    Dispute 133
    Le miracle de la natalité
    A l’école d’Hannah Arendt

    1 – On a plus réfléchi à la mort qu’à la naissance

    La philosophie depuis ses origines a peu porté son attention à la naissance. Elle l’a portée sur la mort : la réflexion la plus développée à ce sujet est celle de Heidegger, qui pense carrément que l’homme est un « être-pour-la-mort » ! Rien de moins !

    La mort est plus pathétique ! Un autre philosophe contemporain, Paul Ricoeur se demande pourquoi la philosophie a peu pensé à la vie : « L’évocation de la naissance, dit-il, n’est pas familière aux philosophes ; la mort est plus pathétique ; les pires menaces semblent venir au-devant de nous… » (Le volontaire et l’involontaire, p. 407).

    Et puis, la vie à sa naissance est un sujet difficile. Car nous n’en avons pas d’expérience, elle échappe à notre conscience et à notre subjectivité. Et alors comment parler de choses qui nous échappent ? Comme l’a dit quelqu’un, nous sommes « nés par ouï dire » : ce sont des autres que nous savons quelque chose sur notre naissance et sur le fait même d’être nés. Je ne nais pas, je suis né ! « De la naissance, je ne puis affirmer qu’une chose : je suis né, au double sens du passé et du passif, ou plutôt, il y a eu naissance » (Claude Romano, L’événement et le monde).

    -2 La naissance nous dévoile le sens d’une dépendance radicale, originaire

    Ma naissance relève de la décision d’autres personnes de me faire naître : « Je veux que tu sois ». « Ma naissance ne signifie pas seulement le commencement de ma vie, elle exprime sa dépendance à l’égard de deux autres vies ; je ne me pose pas moi-même, j’ai été posé par d’autres. Cette existence brute que je n’ai pas voulue.

    Ma « nature », mon caractère me viennent d’autres personnes. « Je n’ai pas seulement reçu un commencement, mais une nature, c’est-à-dire la loi d’une croissance, la principe d’une organisation, une structure inconsciente et finalement la formule d’un caractère. Naître, c’est recevoir d’autrui le capital d’une hérédité. » (p. 408). L’hérédité, est plus importante que le commencement. « C’est une explication de moi-même par l’autre »

    Le « monde » qui m’accueille lorsque je nais, je le reçois, je ne le crée pas. Le monde est plus vieux que moi. De même la terre est le cadeau de naissance du nouveau né. Et quelle gratitude à avoir envers ce monde qui m’accueille, cette terre qui me nourrit (physiquement, et bien au-delà, symboliquement…).

    3 – Le miracle de la natalité

    Hannah Arendt a parlé de la naissance d’une manière exceptionnelle et son apport à la philosophie de la naissance est sans égal, qui a fait dire : « C’est par une femme, Hannah Arendt, que la natalité a fait irruption dans le discours philosophique » (Labrusse, p. 2).

    Elle parle de la natalité comme d’un « miracle », le « miracle de la natalité ». Elle souligne combien la naissance d’un nouvel être est le commencement d’un monde, surgissement d’une liberté, et carrément « le miracle qui sauve le monde ». Elle écrivait :

    « Le miracle qui sauve le monde, le domaine des affaires humaines, de la ruine normale, « naturelle », c’est finalement le fait de la natalité, dans lequel s’enracine ontologiquement la faculté d’agir. En d’autres termes : c’est la naissance d’hommes nouveaux, le fait qu’ils commencent à nouveau l’action dont ils sont capables par droit de naissance. Seule l’expérience totale de cette capacité peut octroyer aux affaires humaines la foi et l’espérance… »

    Elle va jusqu’à voir dans la naissance de Jésus, le « prototype » de toute naissance, là où se voit au mieux, l’espérance qu’elle soulève, pour l’avenir du monde.

    C’est cette espérance et cette foi dans le monde qui ont trouvé sans doute leur expression la plus succincte, la plus glorieuse dans la petite phrase des Evangiles annonçant leur « bonne nouvelle » : « Un enfant nous est né » (Condition de l’homme moderne, Œuvres, Gallimard, p. 259).

    Le nouveau-né est apte à une action nouvelle, inédite. Cette capacité d’action est utile au monde qui pourra se rajeunir. A nouveau-né, action nouvelle pour le monde. En ce sens cette capacité nouvelle d’action est le « miracle qui sauve le monde ».Tout part du fait d’être né ! Telle est la condition la plus générale de l’existence humaine. Tout homme en vertu de sa naissance, est un nouveau commencement.

    Car « les hommes, bien qu’ils doivent mourir, ne sont pas nés pour mourir, mais pour innover » (CHM, p.313, cité p. 30). « La succession des générations est le garant d’une histoire qui ne saurait jamais prendre fin parce qu’elle est l’histoire d’êtres qui ont pour essence le commencement » (NT, p. 58, cité p. 303). Elle s’appuie sur saint Augustin : « L’homme a été créé pour qu’il y eût un commencement » Initium ergo ut esset creatus est homo ».

    Car « les hommes, bien qu’ils doivent mourir, ne sont pas nés pour mourir, mais pour innover » (CHM, p.313, cité p. 30). « La succession des générations est le garant d’une histoire qui ne saurait jamais prendre fin parce qu’elle est l’histoire d’êtres qui ont pour essence le commencement » (NT, p. 58, cité p. 303). Elle s’appuie sur saint Augustin : « L’homme a été créé pour qu’il y eût un commencement » Initium ergo ut esset creatus est homo ».

    Et alors, ne serait-il pas plus juste de parler des hommes comme des « naissanciels » plutôt, comme le faisons toujours, de « mortels !!!

    4 –L’Alléluia du Messie de Haendel (le chant final) qui veut magnifier la naissance du sauveur, a fasciné Hannah Arendt :

    « L’Alléluia doit être exclusivement compris à partir du texte : un enfant nous est né. La profonde vérité de cette partie de la légende du Christ : tout commencement est salut, c’est au commencement, au nom de ce salut que Dieu a créé les hommes dans le monde. Chaque nouvelle naissance est comme une garantie de salut dans le monde, comme une promesse de rédemption pour ceux qui ne sont plus un commencement » (Journal de pensée, Seuil 2005 I, p. 231).

    Petite révolution ou grande ? A vous de juger. Merci Hannah Arendt.

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