Dialogue entre Mgr Wintzer et un enfant

Dimanche 24 novembre 2013


Cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul de Poitiers
Célébration diocésaine de l’année de la foi.

Dialogue entre
Mgr Wintzer et un enfant


« Montre-nous le Père cela nous suffit ! »

L’enfant :
Père, vous êtes notre évêque, vous parlez de Dieu.
Est-ce que vous l’avez rencontré ?

P. Wintzer (en riant) :
Oui, je le rencontre, effectivement. Et toi, l’as-tu déjà rencontré ?

L’enfant :
Peut-être. Je ne sais pas, enfin,...je ne suis pas sûr. Au caté , on me
parle de Dieu, mais lui, je ne l’ai jamais vu.

P. Wintzer :
Et Jésus, tu le connais ?

L’enfant (d’une voix forte et assurée) :
Oui ! Lui, je le connais. Il fait des miracles, comme...marcher sur l’eau, nourrir les gens qui ont faim. Il guérit énormément de malades. C’est très pratique.

P. Wintzer :
Et tu l’aimes ?

L’enfant :
Oui, il est très fort, mais il [ne] fait pas peur. Il est né dans la crèche. Il a eu plein d’amis, il aidait les pauvres. J’aime bien aussi qu’après être mort, il ressuscite, mais il ne se venge pas de ses ennemis, il pardonne à tout le monde.

P. Wintzer :
Qui est-il pour toi, Jésus ? Un personnage célèbre ? Le héros d’un livre ?
Un ami ?

L’enfant :
Un peu tout à la fois, je ne sais pas bien. L’Évangile, c’était il y a longtemps. Aujourd’hui, des milliers de gens ont encore faim, et à l’église, on ne guérit pas les malades. On dirait qu’il n’y a pas eu de progrès, c’est ça qui m’embête.
Mais Jésus attire. Je voudrais mieux le connaître.

P. Wintzer :
Tu m’as demandé si je rencontrais Dieu. Eh bien, si tu regardes Jésus, tu vois Dieu.

L’enfant :
Qu’est-ce que ça veut dire ?

P. Wintzer :
Personne n’a jamais vu Dieu, dit saint Jean, mais Dieu a envoyé son Fils pour que nous découvrions qui il est. C’est simple, chaque fois que tu regardes Jésus, tu vois son Père. Jésus, c’est « tout le portrait de son Père ! » Il ressemble tellement à Dieu que ses amis ont reconnu qu’il est Dieu comme Dieu. Nous le proclamons dans le Credo : « Il est Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. »

L’enfant :
Si Jésus est Dieu comme Dieu, c’est normal alors, qu’il ne soit
pas resté mort, tant mieux ! Mais si Jésus ressemble à Dieu, alors Dieu... (il hésite)
doit être pauvre comme lui. Est-ce qu’il faut que je sois pauvre, moi aussi, pour le voir ? Que j’aille aux restaus du cœur par exemple, ou à Diaconia, comme mon tonton ?

P. Wintzer :
Jésus a toujours le visage du pauvre. Heureux es-tu si tu es pauvre de cœur. Si tu fais de la place à l’autre, alors, Dieu peut venir en toi.
Laisse-lui de la place.

L’enfant :
Je veux bien. Mais quand je prie, j’ai l’impression quelquefois d’être seul et que Dieu ne m’entend pas.

P. Wintzer :
Même au creux de la nuit, Dieu n’arrête pas de te parler. S’il choisit de rester en silence, après tout, il a le droit. Il est libre. De toute façon, il te dit toujours la même chose.

L’enfant :
Ah ? Et qu’est-ce qu’il me dit ?

P. Wintzer :
Toujours pareil, que tu es son enfant chéri, bien-aimé. En toi, le Père, le Fils et le Saint Esprit mettent toute leur joie.

L’enfant :
Ça fait plaisir ! Je sais que depuis le jour de mon baptême, je suis enfant de Dieu.

P. Wintzer :
Oui, tu as été plongé pour toujours dans son amour. Rien ne peut te séparer de lui, même quand tu as l’impression qu’il se tait. Le jour de ton baptême, comme dit saint Paul, tu as revêtu le Christ une fois pour toutes. C’est ce que rappellent les vêtements blancs que nous portons aujourd’hui. Puisque Jésus habite ton cœur, tu habites le cœur de Dieu. Son Esprit anime ta vie.

L’enfant :
Je sais que Jésus est près de moi, je voudrais bien qu’il me montre Dieu, mais je ne le vois jamais. Où est –il ?

P. Wintzer :
Pour le trouver, « prends et lis » l’Evangile, écoute bien, puis, rentre en toi-même, descends au fond de ton cœur.
Un grand saint, l’évêque Augustin, a lui aussi longtemps cherché Dieu.
Il le cherchait à l’extérieur, jusqu’au jour où il s’est aperçu que Dieu l’attendait au-dedans de lui, au plus profond de son cœur.

L’enfant :
Quelquefois, quand je suis seul, j’aime bien regarder la nature, le ciel, les arbres, Et je remercie Dieu. Mais je ne pensais pas qu’il me parlait, qu’il me disait que je suis son enfant chéri. J’y penserai maintenant.

P. Wintzer :
Tu sais, croire, ce n’est pas simplement admettre que Dieu existe quelque part, très loin, dans les idées ou dans les nuages. Dieu n’est pas quelque chose : c’est Quelqu’un. Quelqu’un qui se fait tout proche, ton Père.
Jésus appelait Dieu ‘papa’, tu te rends compte ? Il ‘adorait’ son Père ! Comme lui, tu peux nouer une relation d’amitié avec Dieu. Son Amour, c’est du solide.

L’enfant :
Du solide... Est-ce que la foi en Dieu nous protège ?

P. Wintzer :
Les chrétiens sont des hommes et des femmes comme les autres, Jésus nous délivre de nos peurs, de notre péché. Il est la lumière qui brille dans la nuit.
Être chrétien, ne protège pas des difficultés de la vie, il faut se débrouiller avec notre humanité. Il y a beaucoup de défis à relever.

L’enfant :
À quoi ça sert, alors, de croire ?

P. Wintzer :
Jésus n’est pas un magicien, il ne résoudra pas tes problèmes. Mais son Esprit te remplit de courage pour faire ce que tu as à faire. Si tu le veux, Jésus peut prendre la tête de ta vie ! Il est « le Chemin, la Vérité, la Vie ». En t’appuyant sur lui, tu pourras aller très loin.

L’enfant (répète lentement) :
Jésus est « le Chemin, la Vérité, la Vie ! »

P. Wintzer :
Ne sois pas pressé, commence à marcher avec lui. Son Royaume est comme une Semence plantée dans ton cœur...

L’enfant
Ah oui...la petite graine qui monte, qui monte, qui monte...et qui devient un grrrrrand arrrrbre !

P. Wintzer :
Je vois que tu connais déjà bien l’Évangile.

L’enfant :
Oui, un peu, mais j’aimerais en savoir plus.

P. Wintzer :
Oui, apprends, mais n’essaye pas de savoir mieux que Dieu qui est Dieu.

L’enfant :
Quand même... je me demande quelle tête il a, Dieu. Je voudrais vraiment le voir, et voir Jésus aussi.

P. Wintzer :
Lève les yeux, regarde. Que vois-tu au juste ?

L’enfant :
Ici ? Ben... Je vois la cathédrale remplie de gens qui prient et qui chantent. Ils tiennent une bougie, ils nous écoutent. Depuis ce matin, je trouve tout formidable : le voyage en car, les jeux, la marche dans Poitiers, les témoignages des grandes personnes qui ont dit qui est Jésus pour elles. Ça fait du bien d’être nombreux et surtout, joyeux.

P. Wintzer :
Ce que tu décris, c’est l’Eglise du Christ. Non pas un bâtiment, mais le rassemblement des chrétiens qui ...

L’enfant :
C’est beau. Je l’aime, ce Dieu. Qu’est-ce que je dois faire pour croire encore plus en lui ?

P. Wintzer :
Ce que tu dois faire ? Te laisser faire. Laisse-toi aimer.
Laisse Dieu te trouver. Laisse l’Eglise t’enseigner l’Évangile. Et fais tout ce que Jésus te dira. La foi, c’est par tes actes que tu la feras grandir. Et pendant que tu agis, Dieu s’occupe de toi.

L’enfant :
D’accord ! J’aimerais juste savoir où Jésus veut me conduire.

P.Wintzer :
Fais-lui confiance. Il t’emmène vers ta liberté.
Vous allez écrire l’histoire de ta vie ensemble.
Tu vas gagner des frères.
Avec Jésus, je te le promets, tu feras de grandes choses, et il donnera un sens magnifique à ta vie.

L’enfant :
Chic ! Merci, mes parents. Merci l’Eglise. Merci Père Wintzer de nous conduire vers Dieu. Je suis vraiment content d’être chrétien.

*
Dialogue écrit par Isabelle Parmentier
Annonce de la foi / Pastorale des familles. Novembre 2013