L’histoire de Moïse, un bébé, dans l’arche

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Un bébé, dans l’arche, « sauvé des eaux » !

L’histoire de Moïse, c’est l’histoire d’un petit enfant hébreu, voué à la mort par une politique de génocide, mais qui est sauvé par la volonté de Dieu et l’amour de femmes (Ex 1, 1- 3, 1).

Un bébé voué à la mort
Tout commence par une succession : celle du Pharaon qui avait ac­cueilli Joseph et tout son clan. Mais ce clan est devenu multiple, avant de devenir un peuple, choisi par Dieu et aimé de Lui.

Le nouveau Pharaon a peur que son pays soit envahi par des étrangers. Il trouve un moyen expédi­tif de se débarrasser de ce danger : le génocide « doux ».
Il faut tuer à la naissance tout garçon hébreu qui naîtra, et laisser vivre les filles ! La mort, donc, devrait être le sort de Moïse.

Mais sa mère le confie au fleuve Nil. Le Nil est pour les Egyptiens un symbole de vie. Elle le met dans une « arche » (c’est le même mot hébreu qui est employé pour désigner l’arche de Noé).

En Moïse, Dieu sauve son peuple de la disparition totale. Nil et arche sont des figures du « sauvetage », du salut que Dieu veut pour celui dont il fera le sauveur et le guide de son peuple.
Le nom de Moïse signifie « sauvé des eaux », selon l’éty­mologie populaire de ce nom. Ce nom, plutôt d’origine égyptienne, marque qu’il est orphelin, puisque fils de personne (voir Ra-msès, fils du dieu Ra, le dieu soleil). Moïse n’est que fils (Mss)... Il mène une vie de prince, puisque la fille du Pharaon l’a adopté.

Un assassin en fuite
Un jour en sortant « vers ses frères » (Ex 2, 11), il voit un Hébreu, « un des ses frères », insiste le narrateur, brutalisé par un contremaître égyptien. Son sang ne fait qu’un tour. Il tue l’Epyptien et cache le cadavre.
Un vrai roman policier ! Mais il y a eu des té­moins, et, lorsque Moïse se mêle de séparer des Hébreux qui se chamaillent, ces témoins le menacent. Il sait alors que son acte a été découvert et qu’il va devoir en rendre compte devant la justice du Pharaon.
Pris entre son « origine » égyptienne et sa famille naturelle, il s’enfuit pour sauver sa vie, parce qu’on le recherche pour le faire mourir.

Un berger heureux
Moïse fait ainsi l’expérience de la vie d’émigré, alors qu’il avait un destin princier en Egypte, à l’inverse de Hébreux, et elle marquera la Loi et l’obligation d’accueil de l’émigré (Ex 22, 20 ; 23, 9 ; Nb 35, 15). Cela reste d’une terrible actualité !
Dans sa fuite, son cœur généreux lui fait prendre la défense des sept filles d’un prêtre, importunées par des bergers qui leur interdisent l’accès au puits (encore un figure de vie). Il est accueilli dans la famille de ce prêtre (Réouël ou Jéthro ?). Il épouse une de ses filles et devient berger pour le compte de son beau-père. Il est heureux et en paix. Son épouse, Cippora, lui donne même un fils.
C’est le bonheur retrouvé !

Et Dieu dans tout ça ? Dieu, lui, n’abandonne pas son peuple. L’appel des fils d’Israël « monta vers Dieu du fond de la servitude » (Ex 2, 23). Il importe de remarquer que le vocabulaire utilisé par le narrateur pour désigner ceux qui ne sont encore que des Habirus (terme qui désigne les Hébreux, mais aussi d’autres étrangers en terre d’Égypte), est anachronique ; il montre simplement que le récit a été écrit après coup.
Le livre de l’Exode est un relecture des événements fondateurs. C’est alors qu’il garde ses moutons que... (à suivre).
Alain.

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