A l’origine du monde : la Genèse.

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A l’origine du monde : la Genèse.

Après les généralités sur la Bible, il nous faut maintenant aborder le texte lui-même. Le premier grand ensemble que nous rencontrons est le Pentateuque, la Torah du judaïsme au sens strict. Elle commence par le livre de la Genèse, qui s’interroge sur l’origine de toute chose. A partir d’un point de départ absolu. Le premier acteur qui apparaît, le premier sujet du premier verbe, est Dieu. La théologie de la Bible est une théologie en mouvement, en action, et non une théologie statique de l’être. On peut distinguer trois parties dans le livre de la Genèse :

1. L’origine de l’univers,

2. L’origine de l’homme,

3. Le commencement de l’histoire ou la légende des patriarches.

Toute démarche de connaissance part de la réalité telle qu’elle apparaît au présent. La question est de savoir d’où vient ce qui est, tel qu’il est. Il y a plusieurs manières de s’interroger sur l’origine de tout ce qui existe :

- une manière scientifique. Il s’agit de remonter le plus possible dans la chaîne des causes. Cette démarche s’appuie sur le principe de causalité qui stipule d’une part que tout ce qui existe peut-être considéré comme l’effet d’une cause, et d’autre part que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

- une manière philosophique. Il s’agit alors de remonter, de cause en cause, à une cause première qui n’ait pas de cause, une cause sans cause, une " cause de soi ". Cette cause, c’est ce qui met tout en mouvement, ce qui effectue le passage de rien à quelque chose, du néant à l’être.

- une manière biblique. En lisant le texte de la Genèse, nous découvrons une manière de penser qui ne nous est pas habituelle. Au lieu de considérations purement intellectuelles, nous rencontrons des récits ou mythologiques ou légendaires. Nous aurions tort, comme on l’a fait dans des époques antérieures, de déconsidérer ces types de récits comme dépourvus de signification. Ils sont, au contraire, lourds de sens.

Dès le début de la Genèse nous trouvons deux récits des origines.

Le premier récit (Gn 1,1-2, 4a) commence par une phrase qui constitue la clef du récit.
L’affirmation du commencement du temps, dans lequel se situe tous les êtres.

L’univers se caractérise par le devenir, la durée, le changement.

- Une action : " Il a créé ". Le verbe employé n’est utilisé que pour caractériser l’action divine.

- Un acteur : Dieu. L’ordre de la phrase en hêbreu privilégie l’action par rapport au sujet de l’action. Ce qui caractérise Dieu, c’est sa puissance créatrice. Et cette création est bonne.

Ainsi le texte affirme l’action créatrice du Dieu, qui ne se confond pas avec la nature. Le texte le montre bien qui assimile le soleil et la lune à des " lampadaires ",alors que pour les cultures environnantes ce sont des divinités supérieures. Le soleil n’est-il pas la divinité qui assure la vie de tous les êtres, pour les Egyptiens ?

Le deuxième récit (Gn 2, 4b-24) s’intéresse plus particulièrement à la création de l’homme. Il passe assez vite sur la création du monde pour en arriver à l’humanité. L’homme est une créature qui ne s’est pas donné la vie. Il est un être de la nature (c’est un mammifère), mais en même temps le texte biblique en fait un vis-à-vis de Dieu, qui lui parle, et avec qui il parle. L’espèce humaine est composée de l’égale dignité de l’homme et de la femme, qui ont besoin l’un de l’autre.

Relisez attentivement ces deux récits. Tous les détails comptent, aucun n’est inutile. N’hésitez pas à poser des questions si vous butez sur une difficulté.

Alain.

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