Loukas(St Luc), l’évangéliste de la Miséricorde ou "le Bon Samaritain"

Loukas, l’évangéliste de la Miséricorde

Un docteur de la loi : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Christ Yeshoua : « Dans la loi, qu’y a-t-il d’écrit et comment lis-tu ? »

Le docteur de la loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même. »

Le légiste en fait cite un passage de la prière appelée la « Shema Israël », la prière que tout juif se doit de réciter chaque jour (Deutéronome 6, 4-5)
Et le docteur de la loi de questionner : « Qui est mon prochain ? »

C’est ainsi que l’évangéliste Loukas (St Luc) introduit la parabole de Christ Yeshoua, la parabole dite du « Bon Samaritain » (Luc 10, 25-37). Quant à moi, je préfèrerais l’intitulé : « la parabole du Samaritain miséricordieux ».

Les personnages sont en place : un prêtre, un lévite (prêtre de la tribu de Lévi), un samaritain.

« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho ». Jérusalem est construite sur une colline à 800m d’altitude. À la sortie de la Ville Sainte, vers l’est, un panneau nous renseigne : Jéricho 27 km.

Jéricho se situe dans la vallée du Iarden (Le Jourdain), au nord de la Mer Morte ; cette mer a la particularité d’être le point le plus bas de la terre (environ 400 m au-dessous du niveau des mers).

La route donc ne fait que descendre de Jérusalem à Jéricho. Cette voie romaine était dangereuse, traversant le désert de Juda et ses collines désertiques.

Un voyageur solitaire « tomba aux mains des brigands qui, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant pour mort. »

Trois personnes se trouvent à suivre le même itinéraire : un prêtre, un lévite, un samaritain.

Le prêtre et le lévite sont tenus d’observer les règles strictes de pureté cultuelle, ce qui les empêche de toucher le sang ou un mort.

Le samaritain en question est un hérétique pour les juifs : les samaritains adorent Dieu sur le mont Garizim et non à Jérusalem (cf : le récit de la samaritaine. Jean 4, 20)

Tous les trois voient l’homme blessé. Le prêtre et le lévite poursuivent leur chemin. Le samaritain est saisi de compassion ; il ne se contente pas de regarder la victime ; il se sent impliqué. La compassion n’est pas qu’un sentiment, c’est aussi un engagement, une action.

Dans la parabole du Christ toute l’attention est portée sur celui qui prend soin du blessé.

Mais un samaritain qui passait par là

Yeshoua, nous rapporte Loukas, invite le docteur de la loi – et nous par le fait même – à agir comme le samaritain, à se faire le prochain de l’autre. Ni la loi, ni l’offrande des sacrifices, représentées par les prêtres ne peuvent suffire pour sauver le prochain.

La compassion du samaritain pour le malheureux blessé est bien le message voulu par le Christ : la miséricorde en opposition au formalisme religieux : « Ce que je veux, c’est la miséricorde et non le sacrifice. » (Matthieu 9, 13)

Depuis le temps de Christ Yeshoua et jusqu’à nos jours, ils ne manquent pas ceux qui ont secouru les pauvres, les malades, les blessés de la vie.
Souvent j’ai rencontré de ces anonymes qui me renvoient à la béatitude : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. »

L’amour de Dieu ne peut être séparé de l’amour du prochain.

« Qui donc est Dieu que nul ne peut aimer s’il n’aime l’homme ? »

« Qui donc est Dieu que l’on peut blesser en blessant l’homme ? »

Dieu est miséricorde.

voici quel est mon Dieu.

Père Joseph GUILBAUD

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