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Méditation dominicale du Père André Talbot : « Je crois Seigneur ! (...)

Méditation pour le 4ème dimanche de Carême – 22 mars

Lire le texte sur le site du diocèse. Il est également disponible en version audio sur RCF.

« Je crois Seigneur ! »

Jésus vient de guérir un aveugle, les pharisiens interrogent cet homme qui répond :

« Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 9, 1-41

L’Église confie de nouveau aux catéchumènes et à tous les baptisés un long récit de l’évangile de Jean : la guérison d’un aveugle de naissance. La méditation de ce message peut raviver la grâce du baptême en chacun de nous.

Pour nous préparer à entendre l’appel évangélique, la 1ère lecture de ce dimanche met en scène le prophète Samuel qui a reçu une parole du Seigneur en vue de donner l’onction au futur roi d’Israël. Quels sont ses critères ? « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Ce fut le cas pour ces gens improbables qui ont reçu et accueilli en premier la révélation de l’identité et de la mission de Jésus : la samaritaine, l’aveugle né… C’est encore le cas aujourd’hui, qu’il s’agisse des catéchumènes, mais aussi de chacun de nous.

Revenons à notre aveugle. Jésus fait de la boue avec sa salive, un jour de sabbat, et l’applique sur les yeux de l’homme handicapé en lui disant d’aller se laver dans une piscine dont le nom signifie « Envoyé  ». Il y a une double implication : Jésus donne de lui-même (la salive) et l’homme fait confiance en allant se laver. Au retour, il voit !

Mais ce double geste qui produit un effet bénéfique, en proximité du Temple, devient objet de scandale pour ceux qui exercent une autorité en ce lieu sacré. Un acte a été accompli le jour du sabbat, au profit d’un aveugle dont le handicap évoquait pour eux une situation pécheresse. Leurs principes religieux les empêchent de voir le bien en train d’advenir par cette guérison et de reconnaître la mission divine de celui qui est cause du bienfait. Ceux qui disposent du savoir religieux, prisonniers de leurs préjugés et de leur pouvoir dit sacré, deviennent aveugles.

Quant à l’homme guéri, il devient témoin comme malgré lui face aux contradicteurs. Et quand Jésus le rejoint pour lui demander s’il croit au Fils de l’homme, lui sait voir et reconnaître avec justesse, de telle manière qu’il peut proclamer : Je crois, Seigneur !

Alors, ne restons pas prisonniers de nos préjugés, de nos principes, de notre polarisation sur des apparences trompeuses, au risque de ne plus voir le bien qui donne à vivre, de ne plus entendre ceux qui témoignent d’une foi évangélique. Laissons-nous émerveiller par les fruits de l’action de l’Esprit hors de nos petits cercles. Prenons notre part dans le témoignage d’une foi qui, aujourd’hui encore, donne à vivre en abondance.

Père André Talbot

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