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Le Vatican sonde les jeunes

Article paru dans La Croix du 15 juin

"Le Vatican a mis en ligne hier un questionnaire à destination des jeunes de 16 à 29 ans, dans le monde entier, en vue du Synode d’octobre 2018 sur "les jeunes, la foi et le discernement vocationnel".

Cette consultation directe en ligne vise à impliquer un maximum de jeunes, y compris non catholiques".

"Que veulent les jeunes pour le monde et pour eux-mêmes, ont-ils confiance dans le gouvernement, dans l’Église, dans les hôpitaux ? Leur but dans la vie est-il d’avoir une famille, de faire carrière ou de devenir célèbres ? Ont-ils la foi ? Aiment-ils la musique ? Combien d’enfants veulent-ils ?
Le Vatican veut tout savoir.

Comme cela avait été annoncé lors de la convocation du Synode des évêques sur "les jeunes, la foi et le discernement vocationnel", qui se tiendra à Rome en octobre 2018, un questionnaire à destination des jeunes du monde entier, de 16 à 29 ans, a été mis en ligne hier sur un site spécial. Disponible en 5 langues (français, anglais, italien, espagnol et portugais), il ambitionne de mobiliser la jeunesse le plus largement possible, bien au-delà des seuls catholiques.

La démarche, souhaitée par le Pape François, est une première pour un synode, comme le souligne Soeur Nathalie Becquart, directrice du Service national pour l’évangélisation des jeunes et les vocations, à la Conférence des évêques de France. "C’est le signe de la prise en compte des manières de fonctionner des jeunes d’aujourd’hui, en cherchant à les rejoindre là où ils sont, c’est-à-dire sur Internet et les réseaux sociaux, et à toucher les jeunes en dehors des réseaux habituels"

La foi, d’ailleurs, n’apparaît que tardivement dans ce questionnaire, qui compte plusieurs dizaine de questions fermées, sur des thèmes variés : image de soi-même, vision de la société et des institutions, conception du travail, rapport à la foi et à l’église et, enfin, fréquentation et image des réseaux sociaux. Si les questions sont à choix multiple, elles offrent des possibilités de réponses variées. Exemple : parmi les réponses possibles à la question "Pour toi, qui est Jésus ?", on trouve "le Sauveur", "le fils de Dieu", "un prophète", mais aussi, "une invention" et même "un adversaire à combattre". Le tutoiement est de rigueur dans ce questionnaire qui se veut adapté aux codes des jeunes. "Il y avait besoin d’un langage plus libre, confirme à La Croix le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode.Nous voulions un dialogue direct avec les jeunes. Le questionnaire annexé au document préparatoire avait déjà été relu avec des jeunes pour lui donner un côté moins ecclésial, mais il restait donc un peu formel".

Le questionnaire, assure le cardinal, ne disqualifie pas le travail de consultation lancé en parallèle par les diocèses. Car dans l’attente de sa mise en ligne - qui a d’abord été annoncée fin mars avant d’être reportée à mai, puis à juin - nombre de diocèses ont commencé à solliciter leurs fidèles, chacun à sa manière. "C’est très bien que certains aient fait leur propre questionnaire, indique le cardinal. "L’important, c’est de recevoir un maximum de suggestions qui nous aideront à bâtir le document de travail. Il sera remis aux pères synodaux deux ou trois mois avant le synode de 2018". De manière générale, il se félicite de la mobilisation qu’il constate un peu partout dans le monde. "En Italie, en Espagne, à Hong Kong, à Taïwan... Partout, je perçois une réponse formidable à l’appel du pape, que ce soit des évêques et des prêtres, mais aussi des jeunes eux-mêmes".

Pour les conférences épiscopales, le défi est désormais celui de l’accompagnement de ce questionnaire, qui comporte aussi des limites. En premier lieu, sa longueur : il faut compter une vingtaine de minutes, au moins, pour répondre à toutes les questions. Sur le fond, l’absence de questions sur la vie affective et sexuelle a également de quoi surprendre. Mais l’Église de France en tend bien jouer un rôle important de relais auprès des jeunes. "Une vidéo pour promouvoir le questionnaire sera publiée aujourd’hui sur les réseaux sociaux, annonce Sœur Nathalie Becquart. Les établissements catholiques contribueront aussi à sa diffusion, ainsi que les mouvements de jeunesse, y compris ceux qui ne sont pas fréquentés que par des catholiques". Le questionnaire est ouvert jusqu’au 30 novembre.

Nicolas Senèze (à Rome) et Gauthier Vaillant

A ECOUTER SUR RCF POITOU :
Mgr Pascal Wintzer nous parle du Synode des jeunes dans l’émission Parole à notre Archevêque du samedi 17 juin 2017

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