L’homme qu’on appelle Yéshoua m’a ouvert les yeux

Un jour de shabbat, Yéshoua (Jésus) sortait du Temple quand il vit un aveugle de naissance qui mendiait. Les disciples qui l’accompagnaient lui posent cette question : « Est-ce lui qui a péché ou ses parents ? » (Jean 9, 1-41)

Les disciples, comme les gens parfois, cherchent à juger, à condamner. Souvent dans les médias, aux évènements malheureux, il faut trouver un bouc émissaire.
Yéshoua intervient : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Le Christ, à l’inverse des gens, cherche à libérer.
« Yéshoua fit de la boue avec sa salive et l’appliqua sur les yeux de l’aveugle. « Va te laver à la piscine de Siloé. » L’aveugle y alla, il se lava et, à son retour, il voyait.
Le fait d’appliquer de la boue sur les yeux était une thérapie déjà existant à cette époque. Cette médication a été confirmée par les auteurs latins, Tacite, Pline l’ancien et Suétone.
On parle souvent du « miracle de l’aveugle-né ; le mot « miracle » est inadéquat. Le Christ refuse le spectaculaire, le merveilleux. Le terme le mieux adapté à l’action du Christ est le mot « signe » (en grec : σημεῖον). Yéshoua fait des « signes ».

Pourquoi Yéshoua a-t-il fait ce « signe » ?
Le Christ n’a pas fait cette guérison pour épater la galerie.
Le Christ ne fait pas non plus ce signe pour montrer qu’il est Dieu. C’est le signe de la résurrection essentiellement qui est la preuve de sa divinité.

Le Christ veut signifier qu’il est le libérateur : celui qui fait sortir du mal, des ténèbres, du péché, pour guider vers la vérité, vers la lumière.
En somme par le signe de la guérison de l’aveugle, le prophète Yéshoua se révèle celui qui fait voir :

« Je suis la lumière du monde. » (Jean 8,12)

Venons-en maintenant à l’attitude étonnante des pharisiens :
« Celui-là ne vient pas de Dieu puisqu’il n’observe pas le repos du shabbat. »

Dire que c’est « un travail » que de faire de la boue avec sa salive et de la terre est une démonstration de leur étroitesse d’esprit. Pour les pharisiens, ce geste est contre la loi du repos sabbatique, or pour eux c’est la loi qui justifie, donc le prophète Yéshoua est un blasphémateur, un pécheur.

« Comment cet homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? » Leur idée que Yéshoua est un pécheur est plus forte que les faits. Au nom de leurs idées ou de leurs fantasmes, ils nient le fait même de la guérison de l’aveugle.

L’homme guéri dit : « Vous aussi, vous voulez devenir ses disciples ? » C’en est trop ; ils deviennent fous de rage. Leur acharnement à nier les faits, puis à rejeter toute foi au prophète Yéshoua, les fait tomber dans le ridicule.
L’homme, tout heureux de sa guérison n’en revient pas et dit avec humour : « Est-ce un pécheur, je n’en sais rien ; mais il y a une chose que je sais, j’étais aveugle et maintenant je vois. »

Comme les pharisiens, dans la mesure où nous sommes attachés à nos idées, à notre petite vérité personnelle, sans chercher à voir – à voir plus loin - à voir la vérité du Christ, nous sommes condamnés à cheminer dans les ténèbres.

« Je suis venu dans le monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voyaient pas voient et que ceux qui voyaient (ou croyaient voir) deviennent aveugles. » (Jean 9, 39)

Je vous ai parlé du Christ Yéshoua et des pharisiens, mais n’oublions pas l’aveugle qui a retrouvé la vue à la piscine de Siloé et qui repart joyeux d’avoir découvert la foi en Christ.

« C’est dans la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. » Paul CLAUDEL

Père Joseph GUILBAUD

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