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Carême, carrément bon ! par le Padre Ducourneau

Carême, carrément bon !

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Mars, joli mois du printemps… La terre s’entrouvre au soleil renaissant, pour laisser percer les premières lueurs de couleur qu’offrent les fleurs précoces qui, déjà, pointent leur corolle vers le ciel en espérance de bleu.

Hélas, le printemps renaissant ne fait pas, pour autant, cesser toutes les larmes des yeux rougis par la souffrance, la solitude, l’échec, le sentiment d’abandon, la maladie et tout ce qui blesse le cœur des hommes. Sans doute, chacun connait des personnes en attente de mieux être. Peut-être que toi qui lis ces lignes, tu es dans ce cas, cherchant jusqu’à la fatigue extrême un réconfort ou un soutien qui ne vient pas. La paroisse est un lieu d’accueil où l’humain reste au centre. La parole, qui y est délivrée, a pour but de mettre du printemps dans les hivers. Bien entendu, tout le monde y est le bienvenu, sans croire qu’il est nécessaire d’être un bon « catho » pour cela, ni même sans attendre d’avoir des soucis, mais c’est vrai que les fardeaux peuvent s’y alléger, car c’est dans le partage qu’on grandit, qu’on murit, qu’on guérit, et qu’on trouve du sens à notre histoire. Pour donner corps à ces mots, je citerai ici, non pas un grand saint de l’Eglise, mais un homme dont personne n’ignore la souffrance, Nelson Mandela : « Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas que pour soigner, il faut d’abord crever l’abcès ». Poser des mots sur ses propres maux est donc salutaire. La paroisse est aussi un lieu pour cela, même si elle n’est pas la seule, et c’est tant mieux.

Bien entendu, il ne s’agit pas de confondre les rôles. Le prêtre que je suis n’est pas psychologue, ni encore moins psychiatre, bien que ces « sciences humaines » ne me soient pas étrangères. Au milieu de vous, je ne cherche à être qu’un spichologue (sic), c’est-à-dire, quelqu’un qui n’est pas là de lui-même et dont la mission consiste à faire passer l’amour de Dieu pour chacun, en élevant l’âme vers Celui qui l’a faite par amour, pour l’amour et dans l’amour. Je ne suis là que pour que chacun accepte cet amour-là. Et comme le dit le pape François lors de la méditation du Chemin de Croix de

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Jésus : « Rappelons-nous bien ceci : Dieu nous juge en nous aimant. Si j’accueille son amour, je suis sauvé ; si je repousse, je me condamne. Ce n’est pas Lui qui me condamne, je me condamne moi-même, parce que Dieu ne condamne pas. Lui seul aime et sauve ». Pourquoi donc sommes-nous encore « capables » de refuser un tel amour, alors que nous savons pertinemment que nous en avons besoin, car sans amour, nous ne vivons pas vraiment et nous nous condamnons à la tristesse. Il ne s’agit pas de croire qu’il n’y aura plus de souffrance, de doute, de maladie, ni même de mort, mais de croire que dans tout cela, nous sommes « accompagnés » par un amour qui nous dépasse et qui ne veut pas nous voir « tomber ».

Le temps du Carême, au-delà de sa mauvaise réputation de temps de pénitence qui peut faire peur même à ceux qui en connaissent le véritable sens, peut être une étincelle chaleureuse qui rallume la flamme de cette espérance. Il est, en effet, d’abord, un temps d’approfondissement de notre propre vie à la lumière de la vie de Jésus qui porte les souffrances des uns et des autres (sans les effacer) jusqu’à vouloir les soulager par le poids de sa propre Croix, dont les Chrétiens évoqueront la douloureuse perspective lors de la Semaine sainte, entre Rameaux et Pâques. C’est donc un temps où le bénéfice est certain puisque chacun est appelé à mieux se connaître en se rappelant qu’il n’est pas immortel et qu’il doit donner du sens à chacun de ses jours (c’est une des significations de la cérémonie des Cendres reçues sur le front, lors du mercredi d’entrée en Carême).

Porteur de charité (envers soi et envers les autres, en particulier ceux qui ploient sous les blessures de cette vie), porteur d’espérance (pour qu’ensemble, nous nous épaulions sans nous écraser), porteur de foi (laissant la lumière nous envahir de sa douceur), le temps « carrément bon » du Carême ne peut que nous apporter une grande joie. Cette joie est viscéralement accrochée à la certitude que la fête de Pâques, que le Carême précède et prépare, est bien la célébration de la vie humaine qui est unie à jamais à la vie de Dieu, pour ici-bas comme pour l’éternité, dont nous serons invités à ouvrir les portes, lorsque le temps de notre départ de cette terre viendra… car il viendra bien un jour, c’est une évidence humaine qu’il ne faut jamais éluder ni considérer comme un échec, puisqu’il sera notre réel accomplissement. Bon Carême, carrément bon !

Padre Jean-Yves Ducourneau, à votre service

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