C’était l’été et c’étaient les vacances

C’était l’été et c’étaient les vacances

C’était l’été et c’étaient les vacances ; cheminant sur la plage, je regardais petits et grands. Le soleil brillait de tout son éclat. Les cris des enfants agaçaient les adultes qui rêvassaient sur le sable chaud. Le bruit des vagues berçait le corps des plus anxieux. A chacun j’aurais voulu dire : « Souviens-toi »… quand c’était l’hiver.

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Toi, la jeune fille,
qui as souffert du garçon qui t’abandonnait,
chaque fois que tu pleurais sur le bord de ton lit défait,

sans pouvoir dire « Notre Père »,

parce que le sanglot étouffait ta prière
et troublait ton âme,

Comme Jésus de Nazareth au jardin de Gethsémani,
ta peine ; c’est le Bon Dieu qui la portait.

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Et toi, jeune homme ;
tu as souffert, sur le chemin de la vie,
le délaissement de tes copains,
l’échec à l’examen,
un futur sans avenir,

toi qui cheminais sur le chemin de la vie,

Comme Jésus de Nazareth, sur le chemin du Calvaire,
ta souffrance, ta croix ; c’est le Bon Dieu qui la portait.

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Toi, le petit, le pauvre ;
toi qui n’es pas doué,
toi qui voulais que la vie soit comme une fête,
toi qui, désespérément cherchais à te faire une place au soleil,
toi qui ne savais plus la route,

le désir qui hantait ton cœur et ton corps,
ton désir, c’est le Bon Dieu qui le vivait.

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Toi, le militant,
qui rejetais le monde de la haine
et la guerre au cœur du monde,
toi qui aspirais à construire un monde de paix,
de liberté,

comme Jésus de Nazareth aspirait à construire le Royaume de son Père.
Cette aspiration au monde meilleur, c’est le Bon Dieu qui la voulait.

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_ Toi, le baladin
qui cherchais la joie comme une respiration,
toi qui étais écrasé par ce monde au ciel si bas,
toi qui, à toutes tes questions, n’as reçu que la réponse du chômage ,

Malgré tout, tu criais la joie.
Cette joie, c’est le Bon Dieu qui la criait.

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Toi qui portes en toi la force de l’amour,
toi qui veux dire aux hommes que l’important c’est d’aimer,
toi le prophète, toi le missionnaire de l’amour,
comme Jésus de Nazareth qui allait répétant :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
et le prochain comme toi-même ».
L’amour que tu proclamais, c’est le Bon Dieu qui le chantait.

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C’était l’été et c’étaient les vacances,
je cheminais sur la plage, côte à côte avec le Seigneur,
je me suis souvenu, alors, de ce conte de mon enfance . Ainsi s’exprimait le poète :

Nos pas se dessinaient sur la plage
laissant une double empreinte,
la mienne et celle du Seigneur.
Je remarquais qu’en certains endroits
au lieu de deux empreintes,
il n’y en avait qu’une.

Les lieux de l’empreinte unique correspondaient aux jours les plus
sombres de mon existence
jours d’angoisse ou de mauvais vouloir
jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur
jours d’épreuve et de doute, jours insoutenables.

quand c’était l’hiver.

Je dis au Seigneur :
« Tu nous as promis pourtant d’être avec nous tous les jours. »
Pourquoi m’avoir laissé seul aux pires moments de ma vie ?
aux jours où j’avais le plus besoin de ta Présence ?

Et le Seigneur de répondre :
« Mon ami, les jours où tu ne vois qu’une trace sur le sable,
ce sont les jours où je t’ai porté. »

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Et tout au long des plages innombrables…
l’écho répondait…
« C’est le Bon Dieu qui te portait. »

« Le Seigneur t’a porté comme un homme porte son fils,
tout au long de la route que tu as parcourue ».

Deutéronome 1, 31b

P. Joseph GUILBAUD

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