1ère conférence : La réconciliation dans la célébration de la messe

La réconciliation dans la célébration de la messe.
Par le père Guy-Roger Makosso
 
Pour marquer officiellement le début de la messe, le prêtre, le diacre et les servants de messe restent debout, en faisant le signe de la croix. Le signe de la croix est le signe distinctif du catholique.

1 – Se reconnaître pécheur :

Le prêtre fait une courte salutation, puis commence le rite pénitentiel. Il ne s’agit pas d’une confession ou d’une absolution générale. Cela ne remplace pas le sacrement de réconciliation et n’est pas considéré comme une confession. C’est simplement un rite où l’on reconnaît en public que tout homme est pécheur et que chaque membre de l’assemblée a péché au cours de la semaine, plus ou moins selon les cas :

« Préparons-nous à la célébration de l’Eucharistie, en reconnaissant que nous sommes pécheurs », nous sommes invités à présenter au Seigneur notre lèpre en lui disant : si tu le veux, tu me purifier… Et, l’on récite le « je confesse à Dieu » en français ou le confiteor en latin.

« Je confesse à Dieu Tout-Puissant, je reconnais devant mes frères, que j’ai péché, en pensées, en paroles, par actions et par omissions, oui, j’ai vraiment péché, c’est pourquoi, je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les Saints, et vous aussi, mes frères, de prier pour moi, le Seigneur notre Dieu. »

Le « je confesse à Dieu » est suivi par le Kyrié, mot grec qui signifie « Seigneur ». Kyrié eleison ou Seigneur prends pitié de nous, suivi de christe eleison ou Christ prends pitié de nous. Ce rite exprime le repentir public et le regret d’avoir péché contre Dieu, le péché étant une offense et une blessure faite à la communauté humaine.

 D A N S L A  B I B L E :

L’Apôtre Saint-Paul a défini l’Eglise comme le corps du Christ cfr 1 Cor12, 12-13, 27, un corps dont les croyants sont les membres. Tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps : il en est de même du Christ. Car un seul Esprit les a tous baptisés en un seul corps, juifs ou grecs, esclaves ou hommes libres, et tous ont été abreuvés d’un seul Esprit.

Si un ou plusieurs membres sont abîmés ou malades, c’est le corps tout entier qui est affecté. Si une personne pèche, ceux qui sont présents en subissent les conséquences, car tout le monde est interdépendant. C’est pourquoi, il convient de demander pardon à Dieu et à son prochain. Dans la parabole du fils retrouvé cfr Lc15, 11-32, le fils rebelle revient chez lui et demande pardon à son père. Or le père, lui, attendait patiemment que son fils rentre à la maison et reprenne sa place.

Si l’on compare cette situation au rite pénitentiel de la messe, l’on peut dire que l’assemblée est comme ce fils rebelle. L’Eglise c’est la maison et Dieu, le Père tout patient. En outre, le rite pénitentiel manifeste que tout homme est pécheur à un degré plus ou moins fort. C’est une façon d’exprimer le regret des péchés commis, sans oublier les péchés par omission et de demander que l’on prie les uns pour les autres.

 L A V A B O  :

Le prêtre encense, parfois, les offrandes, puis se lave les mains avec un peu d’eau placée dans un petit récipient sur le côté de l’autel. L’on appelle ce geste le lavabo. Il trouve son origine dans une tradition juive qui avait cours pendant les cérémonies au temps de Jésus. Le grand-prêtre se lavait les mains avant de faire le sacrifice d’un agneau sans tâche, dans le temple de Jérusalem, le jour de pessah (pâque). 

Aujourd’hui encore, quand il célèbre la messe, le prêtre se prépare à offrir l’Agneau de Dieu ( Jésus-Christ ) à Dieu le Père. C’est le sens de ce geste : se laver les mains avant d’offrir un sacrifice sans tâche. C’est un rituel de purification qui rappelle celui du grand prêtre, faisant un sacrifice symbolique dans le Temple de Jérusalem. Le prêtre catholique réactualise à l’autel le sacrifice réel de Jésus.

 L’ A G N U S D E I ( l’Agneau de Dieu ).

L’Agneau de Dieu est récité ou chanté : « Agneau de Dieu, toi qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous. Agneau de Dieu, toi qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous. Agneau de Dieu, toi qui enlève le péché du monde, donne-nous la paix. » Cette invocation est tirée des paroles de Saint Jean-Baptiste ( Jn1,29).

Au début de son évangile, Jean utilise plusieurs titres pour décrire le Seigneur et nous révéler son identité. Jésus est le « Verbe fait chair » Jn1,1 ; « la Lumière du monde »Jn1, 4 ; « Le Fils Unique du Père » 1,14 ; « L’Agneau de Dieu »1,29,36. Tous ces titres lèvent le voile sur l’identité du Christ. Au moment de la préparation à la communion, le prêtre montre aux fidèles le pain eucharistique, en disant : « Heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.

 L’assemblée dit avec lui, une seule fois : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et je serai guéri. »

A chaque Eucharistie, nous entendons ces mots : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, et trois fois, nous le chantons avant la communion, mais ce n’est pas un titre qui a beaucoup d’attrait pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui. Le symbole de l’agneau n’est pas très parlant pour nous, et en général nous n’aimons pas entendre parler de péché. L’homme et la femme modernes rejettent cette idée de péché.
 
Si jamais l’on commet une erreur, l’on blâme l’instinct, l’environnement ; ou encore, l’on accuse les autres pour cette faute : le gouvernement, la famille, le système, les conditions défavorables etc

Le mal est présent au milieu de nous, bien qu’au niveau de la rue, il y a des gens qui ne l’appellent pas péché. Pour Jean, le péché du monde existe et nous avons besoin de l’Agneau de Dieu pour nous en libérer. Jean-Baptiste désigne Jésus comme L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, parce que par lui, ce projet de Salut et de paix devint possible.

 HISTOIRE :

« Un jour, un homme qui aimait se moquer des chrétiens, avait posé la question à son compagnon de travail. André, peux-tu m’expliquer comment Jésus avait fait pour changer l’eau en vin ?

 André lui avait répondu de la manière suivante : « je ne peux pas t’expliquer, comment il avait fait pour changer l’eau en vin, mais, je sais qu’il y a une dizaine d’années, j’étais un alcoolique détestable, violent avec ma femme et mes enfants ;

 Je dépensais plus de la moitié de mon salaire en boisson et ma famille n’avait pas assez pour vivre. Un ami m’a aidé et il m’a parlé de Jésus. Petit-à-petit, je suis devenu un travailleur honnête et pacifique ; un bon père de famille aimant et chaleureux.

 Je ne peux pas t’expliquer comment Jésus a changé l’eau en vin, mais je peux te raconter comment il a changé l’alcoolique que j’étais en bon père de famille.

 Pour moi, Jésus a vraiment été l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde, l’Agneau de Dieu qui a enlevé mon péché à moi…

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