02.Je crois en Jésus-Christ ...

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Je crois en Jésus-Christ...

.....Jésus, dont le nom signifie « Yahvé sauve », est né en Judée, à Bethléem, la ville d’origine du roi David, au temps du roi Hérode, sous la domination romaine. Pourtant, c’est aussi sous le titre de Jésus de Nazareth qu’il sera connu, on l’appelle aussi fils du charpentier Joseph. ...
En cet homme Jésus, nous reconnaissons le Christ (nom grec qui signifie « celui qui a reçu l’onction », l’oint) qui traduit le mot hébreu : Messie (meshia). ...Comme David son ancêtre, il devait réunifier Israël, reconquérir son hégémonie, ..... Dieu lui-même qui habite le temple de Sion, de la cité de David, le grand roi. Cette espérance messianique, entretenue par les prophètes habite le cœur de tous les fils d’Israël, contemporains de Jésus. Cette tradition prophétique n’est pas monolithique ! Le messie peut revêtir deux figures fondamentales.
La 1ère que nous venons d’évoquer, qu’on pourrait appeler « le messianisme davidique ». C’est la figure la plus répandue et surtout entretenue par toute l’élite,....
La 2e figure messianique, est entretenue par une petite minorité pauvre, très soucieuse d’authenticité spirituelle, ...annonce une autre figure messianique, qui sous certains aspects est à l’opposé de celle du messianisme davidique, « le Serviteur Souffrant ». Tout le Nouveau Testament est traversé par ces deux courants opposés, voire antagonistes. Ces deux courants sont même représentés dans le groupe des disciples de Jésus : « Est-ce maintenant que tu vas rétablir le royaume d’Israël ? » (Act. 1, 6).

Christ, malgré son apposition à Jésus, est un nom de fonction, la dénomination de la vocation de Jésus.

... son Fils...

La filiation divine de Jésus est un thème transversal du Nouveau Testament.
« Il s’est dit Fils de Dieu » fera parti des chefs d’accusation qui permettront sa condamnation à mort ! ... Si Dieu est infiniment parfait et éternel, il n’a pas besoin de filiation pour « se continuer », il est le seul être à pouvoir se suffire à lui-même. Pourtant, à nos yeux, cette filiation exprime la perfection de Dieu qui se révèle à nous par la médiation d’un envoyé de Dieu qui est de même nature que lui. La dignité divine peut être partagée, Dieu n’est parfait que dans sa capacité à donner, à partager, à aimer, à féconder...

...unique ..

S’il est fils, il a les mêmes qualités que le Père. Le Père est unique, il est le Dieu unique. L’expression Fils unique souligne la qualité divine de Jésus, le Christ. « Unique » peut qualifier la relation Père-Fils dont le quatrième Évangile nous entretient à diverses reprises « Le Père et moi, nous sommes un... qui m’a vu, a vu le Père... ». Fils unique doit s’entendre ici de l’unité entre le Père et le Fils, donc de la communion en Dieu. Le Dieu unique, est unique aussi bien dans le Père que dans le Fils... ce ne sont pas des dieux différents. Nous ne croyons pas en trois Dieux !

Unique pourrait aussi s’entendre, (en français surtout) comme incomparable ! Il n’a en a pas d’autre : « Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé, écoutez-le »

...notre Seigneur...

La « seigneurie » est un titre d’honneur, d’autorité, de domination. Est seigneur d’un lieu, celui de qui dépendent les terres et les personnes. Est « seigneur et maître » celui qui détient un pouvoir absolu sur quelqu’un, sur quelque chose.(.....)

Pour les disciples de Jésus, ce titre donné à leur Maître exprime bien plus qu’une politesse banale. Il comporte, dès leur appel, un sentiment de respect et d’amour où passe déjà une foi. Une foi qui ira grandissant et qui, presque dès le début, sera la foi au Messie. « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison ». Pour eux, Jésus est « le Seigneur » à un titre absolument unique. Dès lors, « le Seigneur », avec un article et une majuscule, c’est Yahvé, c’est Dieu, en tant que Souverain de la création tout entière.

Surtout après la Résurrection...

... « aucun des disciples n’osait lui demander : qui es-tu ? Car ils savaient bien que c’était le Seigneur » (Jean 21).

Viendra bientôt la Pentecôte. La lumière du Saint Esprit va jeter ses pleins feux sur l’événement de Pâques. Les disciples vont alors donner toute sa plénitude de sens à la Seigneurie du Christ.

(....)..L’Ancien Testament nous montre en effet que « Seigneur » n’est pas seulement un titre royal ou messianique, mais le Nom divin.

En effet, Dieu a révélé son Nom à Israël : Yahvé, « Je­-suis ». Dans le judaïsme, le nom est synonyme de la personne. Le Nom divin est l’objet d’un tel respect qu’on finit par ne plus se permettre de le prononcer (....)

Par sa résurrection, l’homme Jésus, en sa personne de Fils, partage donc pleinement avec le Père (et l’Esprit), « le Nom incommunicable », « le Nom qui est au-dessus de tout nom », un Nom nouveau (Apoc 3, 12) qui n’est autre que celui de Dieu. « Jésus est Seigneur » signifie donc « Jésus est Yahvé », ni plus ni moins. (...)
Cette Seigneurie de Jésus de Nazareth n’est nulle part exprimée avec plus de grandeur que dans un hymne chrétien primitif repris par saint Paul dans l’Épître aux Phi­lippiens (2, 6-11) :

« Lui, de condition divine, ... s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix ! Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a donné le Nom (..) que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

(...)Que toute la maison d’Israël le sache donc avec sûreté : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous autres, vous avez crucifié. » (Act 2, 32-36).

...et notre Dieu...

Nous avons là l’impression d’une lapalissade, Seigneurie et dignité divine sont deux qualificatifs différents qui expriment la divinité de Jésus, le Christ. Il est vraiment Dieu, « Dieu né de Dieu ». Peut-être, au moment de la rédaction de ce Symbole, faisait-on une différence entre Seigneurie et divinité ? Les ariens quelques centaines d’années après seront capables d’une telle distinction ! On exprime ici la foi en Jésus, le Christ, qui, comme le Père, est Dieu et comme le Saint-Esprit, est Dieu... Les trois personnes se font connaître séparément, mais ils sont « de Dieu » c’est-à-dire « le même, seul et unique Dieu ». Chacun est autant Dieu que l’ensemble. C’est l’unique Dieu-communion qui se révèle Père, Fils et Esprit Saint !

...a été conçu du saint Esprit...

Pour comprendre l’origine de Jésus, il faut écouter l’ange de l’Annonciation. Il répond à Marie qui est toute interloquée : « L’Esprit saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1, 35). L’Esprit va exercer en Marie le rôle créateur qu’il a tenu lors de la naissance du monde (Genèse 1, 2). Aucune allusion à un contact charnel. Dieu exerce sa paternité à sa manière, dans la mystérieuse opération de son Esprit. Cette conception « de l’Esprit-Saint » souligne l’authentique origine divine de Jésus. Il est bien un homme par sa naissance, « il a pris chair de la Vierge Marie », pourtant sa conception n’est pas l’œuvre de l’homme, mais l’œuvre de l’Esprit. (...)
Il couvre de son ombre la création nouvelle (Marie) et donne vie à l’homme nouveau, le nouvel Adam, premier d’une multitude de fils. Cette nouvelle génération est née de la nouvelle Ève, « mère de tous les vivants » !

...est né de la Vierge Marie...

Paternité céleste, oui, mais aussi maternité terrestre. Marie sera proclamée « Mère de Dieu » au concile d’Éphèse en 431. Ce concile veut justement souligner que la filiation humaine par Marie n’altère en rien la divinité de Jésus, au contraire, en donnant naissance à Jésus elle devient Mère de Dieu. (....)
Cette virginité de la mère de Jésus est le signe lumineux de la filiation divine de Jésus. Nous assistons à une création nouvelle que seule la foi nous permet d’accueillir.
Marie est vierge comme cette terre nouvelle qui est étrangère au péché de la première création. Il faut un écrin pour accueillir ce nouvel Adam. Cette terre nouvelle, fécondée par l’Esprit créateur, accueille le Fils de Dieu et lui donne corps. Et le salut, introduit dans le monde comme un ferment, est absolument gratuit et transcendant.

Nous entrons ainsi dans ce premier chapitre de la christologie : l’Incarnation. Dieu prend chair humaine. Il devient l’un de nous pour nous faire participer à sa vie divine.

Mais saluons au passage le rôle de la Vierge Marie. Elle est à la fois, mère de Jésus et disciple qui obéit à la Parole de Dieu et l’exemple accompli du cheminement dans la foi. Si elle est Mère de Dieu, elle est aussi Modèle des croyants.

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